UMR 7298 • UNIVERSITÉ D'AIX-MARSEILLE • CNRS
LABORATOIRE D'ARCHÉOLOGIE MÉDIÉVALE ET MODERNE EN MÉDITERRANÉE
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Montpellier, Terre de faïences

Potiers et faïenciers entre Moyen Age et XVIIIe siècle

28 avril 2012 - 23 septembre 2012 PROLONGATION jusqu'au 16 décembre 2012
Site archéologique Lattara, Musée Henri Prades
commissariat général
Lionel Pernet (directeur, conservateur du patrimoine)

Musée Fabre, Montpellier
Commissariat général Michel Hilaire (directeur, conservateur général) et Jérôme Farigoule (conservateur du patrimoine)

Commissariat scientifique
Henri Amouric (directeur du LA3M, directeur de recherche)
Olivier Ginouvez (responsable d’opération INRAP)
Henri Marchesi (conservateur régional de l’archéologie, DRAC LR)
Lucy Vallauri (ingénieur de recherche, LA3M)
Jean-Louis Vayssettes (ingénieur de recherche, service régional de l’archéologie, DRAC LR, chercheur associé au LA3M)

 

Programme Montpellier 2012 : publication de 10 années de fouilles et d’études

Lucy Vallauri, Jean-Louis Vayssettes, Marie Leenhardt, Jacques Thiriot, Guergana Guionova

 

Montpellier est une terre d’élection pour les potiers et nombre d’érudits en ont souligné l’importance, dès le XIXe siècle, à partir des collections de vaisselles et des vases d’apothicairerie en faïence conservés en place ou dans les musées européens. La plus importance somme reste, toujours, l’ouvrage fondateur de l’historien Jean Thuile paru en 1943.

 

A ce jour, avec le renouvellement de la documentation, il est devenu possible de dresser une synthèse des productions réalisées par les artisans montpelliérains depuis le XIIIe siècle jusqu’au XVIIIe siècle et d’en révéler toute la diversité. A côté des faïences, qui seules avaient retenu l’attention des chercheurs, figurent tout un pan ignoré de créations en terre brute ou vernissée d’une très grande inventivité. Ces objets élaborés dans les mêmes officines répondent à tous les besoins du quotidien d’une communauté urbaine. La polyvalence des potiers-faïenciers est à souligner et d’une grande nouveauté.

 

Les recherches en archives, les études typologiques et les analyses géochimiques effectuées sur des céramiques issues de contextes médiévaux ont démontré, que les premières majoliques ont été produites à Montpellier dès la fin du XIIIe siècle. Quatre ateliers ont été reconnus par des fours et des dépotoirs de productions hors la Porte de la Blanquerie, le long du Verdanson (XVe-XVIe  siècle), et dans le faubourg du Pila-Saint-Gély (atelier Favier première moitié XVIIe siècle et dépotoirs XVIIe et XVIIIe siècles ; atelier Boissier deuxième moitié XVIIe siècle et dépotoirs en grotte XVIIe siècles ; atelier Collondres milieu XVIIIe siècle). A cela s’ajoutent des ramassages anciens concernant la Manufacture royale de Jacques Olivier ainsi qu’un atelier rue des Soldats (fours et dépotoirs du XVIIIe siècle).

 

Cette longue durée permet d’entrevoir l’organisation des officines, les structures et outils de production, et les évolutions techniques qui se sont manifestées au sein des ateliers urbains. On observe ainsi l’introduction de l’engobe sur les terres vernissées et l’abandon, au XVIe siècle, de la cuisson en réduction qui donnait une couleur grise aux pots. La majolique  peinte en vert et brun, d’influence arabo-andalouse, et la faïence monochrome, perdurent jusqu’à la fin du Moyen Age. A l’époque moderne, les modes changent avec l’apparition de décors polychromes dans le style de la Renaissance italienne remplacés ensuite par la faïence en camaïeu de bleu et brun, au goût de la Chine, via la Hollande.

 

Le répertoire des formes est d’une richesse variée à l’infini aussi bien dans les vases d’apothicairerie, les vaisselles de table que les carreaux de revêtement. Très bien datés par les sources textuelles et les données archéométriques effectuées sur les fours, ces témoignages archéologiques de toute première importance, fournissent des instantanés de production incontestables qui remettent en perspective l’identification des faïenceries de la ville dont l’historiographie est longue et controversée. Le mythe du fond jaune demeure et semble être une invention des érudits du XIXe siècle.

 

La présentation muséographique, prévue sur deux lieux, a pour vocation de rendre au public montpelliérain et à la communauté scientifique, les principaux résultats acquis lors des fouilles d’ateliers de potiers - faïenciers, réalisées dans la ville ces dix dernières années et cofinancées par la TAM.

 

Ces travaux de sauvetage et les études qui en découlent ont été conduits conjointement avec plusieurs institutions partenaires : la Direction Régionale des Affaires Culturelles (Service Régional de l’Archéologie Languedoc Roussillon), l’Institut National des Recherches Archéologiques Préventives, et le CNRS/Aix Marseille Université (Laboratoire d’Archéologie Médiévale et moderne en Méditerranée). L’inauguration de la ligne 3 du Tramway fournit ainsi l’occasion de valoriser ce long temps de recherches.

CATALOGUE D'EXPOSITION "Terre de faïences" - Montpellier - 2012