UMR 7298 • UNIVERSITÉ D'AIX-MARSEILLE • CNRS
LABORATOIRE D'ARCHÉOLOGIE MÉDIÉVALE ET MODERNE EN MÉDITERRANÉE
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PCR AEGIDIANA - L’abbaye de Saint-Gilles-du-Gard. Recherches archéologiques, d’archéologie du bâti et archivistiques sur l’histoire monumentale d’un chef d’œuvre oublié de l’art roman en France

Projet 2012-2014

Le projet AEGIDIANA, commencé comme projet franco-allemand cofinancé par l’Agence nationale de la recherche et la Deutsche Forschungsgemeinschaft, vise la réalisation d’un relevé et d’une étude archéologique les plus exhaustifs possibles de l’ensemble monumental de l’ancienne abbaye de Saint-Gilles-du-Gard, accompagnés d’un programme de fouilles archéologiques et de recherche d’archives. La collaboration franco-allemande, déjà instaurée dans le cadre de recherches antérieures sur les anciennes chartreuses de Villeneuve-lès-Avignon et de Valbonne et prolongée en 2012-2014 sous la forme d’un PCR, fédérait les compétences complémentaires en matière de relevé numérique et manuel (Institut für Architekturgeschichte, Université de Stuttgart), de la fouille et expertise en matière d’étude du mobilier archéologique et de la recherche d’archives (LA3M UMR 7298), pour une étude d’archéologie du bâti menée en commun. La mise en œuvre du projet ANR-DFG a atteint ses objectifs majeurs tout en ouvrant sur de nouvelles problématiques.

 

L’étude monumentale proprement dite, qui se fonde sur le relevé global au tachéomètre laser à l’échelle du pierre-à-pierre, sur des mono-photogrammétries et sur un programme de relevés manuels pierre-à-pierre hautement détaillés à l’échelle du 10e dans des parties essentielles pour l’étude des premières phases de construction de l’abbatiale romane, a permis de préciser l’ordre de la construction de l’ensemble, et de confirmer la date tardive de la célèbre église, qui empiéta sur un tiers de l’ancien cloître déjà en place en modifiant l’ordonnance des bâtiments monastiques et en imposant la reconstruction partielle des galeries, aujourd’hui disparues. La construction de l’abbatiale, extrêmement complexe, accuse de nombreuses irrégularités, changements et repentirs qui révèlent de manière indirecte l’impact du bâti préexistant sous-jacent, objet de futures investigations géophysiques et archéologiques. L’étude des matériaux confirme le réemploi de pierres retaillées d’un édifice roman plus ancien, dont la célèbre inscription attestant une fondation en 1116 qui avait jusqu’à présent été confondue avec celle de l’abbatiale actuelle, à l’encontre des indices stylistiques et typologiques qui plaident pour un début du chantier au dernier quart du XIIe siècle seulement.

 

Première phase majeure d’un projet de suivi archéologique permanent, la fouille archéologique dans l’ancien cloître, soutenue institutionnellement et matériellement par le programme franco-allemand et par la DRAC Languedoc-Roussillon, a permis d’élucider l’histoire récente de l’espace claustral qui voit l’épierrement complet des galeries romanes vers la fin du XVIIIe siècle, et de remonter aux origines de l’occupation du secteur. Le remblaiement d’une dépression naturelle au début du haut Moyen Age est suivi de l’installation de bâtiments monumentaux à l’époque carolingienne, rasés dès avant une réoccupation au Xe siècle qui précède l’implantation d’un cimetière vers le début du XIIe siècle, contemporain des bâtiments claustraux romans. La déchéance du monastère, converti en collégiale en 1538 et enfin supprimé en 1777, se traduit par une laïcisation du cimetière et le remplacement de l’ancienne aile orientale par une chapelle des Pénitents, en 1602-1603. Si les destructions massives consécutives aux guerres de religion entravent la reconstitution complète de l’ordonnance de l’édifice roman, le processus de la mise en œuvre des parties conservées peut être précisé dans le détail. Une maquette 3D évolutive, qui prend en compte toutes les irrégularités de la structure éminemment complexe, constitue un outil à part entière pour la réflexion archéologique.

 

EN 2012 le programme de recherche, complété par des travaux de Master 1 et 2 prévoit la réalisation de relevés manuels et numériques complémentaires dans l’ensemble claustral et le chevet, la conduite de prospections géoradar dans l’ensemble de l’ancienne abbaye, la poursuite des sondages d’archives, l’approfondissement de l’étude du décor sculpté roman à partir des fragments issus des fouilles, et l’aboutissement des analyses complémentaires en cours : palynologie, anthropologie funéraire, mortiers, et dendrochronologie.

Direction 

Andreas HARTMANN-VIRNICH, Heike HANSEN

Mots-clefs

monastère - collégiale - Archéologie - Archéologie du bâti - archéologie monumentale - archéologie funéraire - anthropologie funéraire - taphonomie - archéométrie - prospection géophysique - géologie - mortiers - relevé - relevé numérique - relevé manuel - relevé pierre-à-pierre - 3D - restitution virtuelle - construction médiévale - construction moderne - archives - dendrochronologie - palynologie