UMR 7298 • UNIVERSITÉ D'AIX-MARSEILLE • CNRS
LABORATOIRE D'ARCHÉOLOGIE MÉDIÉVALE ET MODERNE EN MÉDITERRANÉE
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Codicologie et iconographie dans l’Orient musulman

Cette section regroupe des recherches qui conjuguent les approches matérielles et processuelles dans la production des images et la lecture des messages que celles-ci délivrent ; il couvre les domaines du livre, de la céramique et des décors architecturaux sur la longue durée (10e- 21e s.).

 

La codicologie des manuscrits en écritures arabes est une discipline assez récente (Colloque d’Istanbul, 1986). Outre l’observation attentive des constituants du codex (papier, réglure, pigments, etc.), ce domaine ne peut ignorer d’autres branches telles que la paléographie ou la géométrie appliquée (que ce soit à la mise en page ou aux décors enluminés). Les étapes successives dans l’élaboration d’un codex, que celui-ci soit orné de peintures ou non, permettent d’identifier divers intervenants (calligraphe, préparateurs de papier, massiers, enlumineurs), ayant sans doute des statuts sociaux et « artistiques » différents. Certains domaines du livre oriental ont été relativement bien étudiés alors que d’autres n’ont bénéficié que de peu d’attention. C’est le cas des manuscrits produits à Chiraz dans le dernier quart du 15e s. (Simon Rettig) ou des très prestigieux Corans mamelouks de la 2e moitié du 14e s. (Adeline Laclau).

 

Comment se crée un cycle d’illustrations ? C’est la question que pose le corpus des textes du grand poète persan Sa’di (13e s.), qui ne sont illustrés que tardivement (15e s.) : quels sont les modèles, ou les inventions qui voient le jour dans ces cycles illustratifs ? (Lamia Balafrej) Outre les livres, on trouve des images sur d’autres supports, comme la céramique ; c’est le cas du groupe polychrome, provenant du Khorâsân (Nichapour ?) à l’époque samanide (fin 9e-début 11e s.), parfois qualifié de « décor en kaléidoscope ». Bon nombre de ces pièces portent un décor figuré parfois bien intriguant, qu’il s’agit d’identifier et de classer (Sheila Samavaki). Certains thèmes iconographiques sont, au contraire, bien connus : c’est le cas de « Shirin au bain », illustrant un célèbre épisode du roman de Nezâmi «Chosroès et Shirin » (Pegah Shahbaz) ; ce thème iconographique est également l’occasion d’aborder la question du nu dans la peinture persane, ainsi que la perception du corps.

 

A partir du dernier quart du 13e siècle, avec l’établissement des Mongols en Iran, les motifs décoratifs venus d’Extrême-Orient font une apparition massive dans les arts du monde iranien : textiles, céramiques, métaux, arts du livre s’enrichissent de ces apports. Comment ces relations entre Chine et Iran se tissent-elles ? Quels sont les apports spécifiquement mongols ? Quels sont les éléments repris en Iran et lesquels sont écartés ? Ces problématiques sont au cœur des recherches de thèse de Yi Zhai.
Dès le dernier quart du 17e siècle, on assiste dans la peinture persane à l’arrivée et à l’intégration progressive d’éléments issus cette fois-ci d’une perception européenne des arts visuels (perspective, ombrés, modelés) ; ce phénomène est appelé farangi-sâzi ou « travail à l’européenne » (Negâr Habibi). Enfin, la création contemporaine iranienne, dans des domaines comme la vidéo, regarde également vers son passé et en tire une notable source d’inspiration (Morteza Ahmadvand).

Mots-clefs

Histoire de l’art - Codicologie - iconographie - manuscrit