UMR 7298 • UNIVERSITÉ D'AIX-MARSEILLE • CNRS
LABORATOIRE D'ARCHÉOLOGIE MÉDIÉVALE ET MODERNE EN MÉDITERRANÉE
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Les productions artistiques à la période afshāride

Dans l’étude des arts de l’Islam, la période afshāride (1722-1760) est longtemps restée un siècle noir, comme l’ensemble des XVIIIe et XIXe siècles, considérés comme décadents car occidentalisés.

 

Depuis les années 1970, quelques rares chercheurs, en particulier Basil Robinson, Layla S. Diba et Willem Floor, ont mis en évidence l’inanité de cette position. Certes, sous Nāder Shāh et ses successeurs, les circonstances politiques ne sont pas favorables à la création : l’Iran, après les invasions afghanes qui mettent fin à la dynastie safavide (1501-1722), est en situation de guerre permanente, et souffre économiquement et socialement. Toutefois, le sacre de Nāder Shāh (1736), ses campagnes en Inde (1737-39) et la construction de Kālāt-i Nāderi, nouvelle capitale à proximité de Mashhad, ont pu également être des catalyseurs artistiques. Le très célèbre <i>Album de Saint-Pétersbourg</i> en témoigne. De plus, les études récentes sur les périodes zand (1760-1786) et qājār (1786-1924) ont mis en évidence l’importance et l’originalité de l’art islamique tardif ; la période afshāride marque ainsi la transition entre l’âge d’or safavide et le renouveau du XIXe siècle. Enfin, sans être extrêmement nombreuses, les œuvres datées et signées de la période afshāride ne manquent pas, en particulier dans le domaine pictural (manuscrits, albums, peintures, calligraphies, laques…), et démentent l’idée que l’art se serait arrêté sous des souverains peu esthètes. Certains noms d’artistes montrent par ailleurs une filiation entre période safavide, afshāride et zand, non sans toutefois poser d’importants problèmes d’interprétation.

 

Cette thèse se propose donc de poser des jalons pour l’étude de l’art afshāride, par l’intermédiaire d’un recensement et d’une étude stylistique des œuvres datées, ainsi que par l’étude des sources écrites. Elle étudiera en particulier les signatures d’artistes présentes sur les laques et les peintures, et tentera de préciser la chronologie et la géographie de l’art iranien dans la première moitié du XVIIIe siècle. La question des apports de la tradition iranienne et de ceux d’autres cultures, en particulier indiens et occidentaux, est au cœur de la définition même de l’art à cette période. Enfin, les conditions de production constituent un axe important : l’étude de la relation entre le pouvoir – notamment la personne de Nāder Shāh – et les arts, mais aussi de productions de qualité moindre offriront peut-être quelques éléments pour mieux comprendre l’organisation de la production artistique dans un Iran en pleine évolution.

 

Opération de recherche effectuée dans le cadre d'une thèse.

  • FI21. NS à cheval, pê Muhammad Ali b. Abd al-Bayg, Isfahan, milieu XVIIIe, peinture et or sur papier, 47,2 x 37 cm (page), Boston, MFA, 14.646 (RPP)
Mots-clefs

art islamique - Nāder Shāh - Afshārides - Iran - XVIIIe siècle - laque : album de Saint-Pétersbourg - Mashhad