UMR 7298 • UNIVERSITÉ D'AIX-MARSEILLE • CNRS
LABORATOIRE D'ARCHÉOLOGIE MÉDIÉVALE ET MODERNE EN MÉDITERRANÉE
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Le savoir sans frontières ?

Le rôle social des échanges scientifiques dans les interactions entre les Byzantins et les Musulmans (9e-11e siècles)

En dépit de leur importance, les grands mouvements de traduction de la Méditerranée médiévale n'ont jamais été suffisamment étudiés. Notamment leurs dimensions sociale, religieuse et politique restent à examiner. Ce projet est donc une tentative de contextualiser les transmissions du savoir en Méditerranée médiévale, en adoptant une perspective du don et en regardant chaque échange des deux côtés, celui de l'expéditeur et celui du destinataire du savoir.

C'est donc un don particulier, un don entre deux sociétés allogènes, au milieu desquelles se trouve une barrière politique d'un côté, culturelle et notamment religieuse de l'autre, car ces sociétés sont imbriquées dans des préjugés inter-religieux et de profondes différences culturelles.

 

La question est donc la suivante : comment les chrétiens et les musulmans considéraient-ils l'appropriation du savoir des uns par les autres, malgré les différences (voire les hostilités) religieuses et culturelles ?

 

La transmission interculturelle du savoir, souvent, faisait partie de la politique culturelle de l’un ou l'autre empereur ou calife et cette recherche vise à étudier la dimension idéologique de certaines traductions. Pourquoi le souverain s'engageait-il dans l'adoption du savoir étranger ? Sert-il à transmettre un message ou une image ? Deuxièmement, que pensaient de cela ses sujets, étant donné que pour eux cette science était entachée  du fait qu'elle venait de mécréants ?

 

L'axe principal de ce projet est donc composé du souverain qui s'engage en des échanges culturels, et des réactions de son milieu social et religieux face aux intérêts multiculturels de ce souverain. Y a-t-il des tensions sur ce plan entre les élites et le reste de la société ?

 

Les processus étudiés dans cette recherche et les questions posées sont : premièrement, quelle était l'utilité politique du patronage des souverains sur les traductions √† Bagdad, Palerme, Constantinople ou Cordoue ? Quelle était la propagande utilisée pour justifier ou encourager ces mouvements ? Deuxièmement, quel était le lien culturel des échanges de livres entre des souverains lorsqu'ils faisaient partie des importants cadeaux diplomatiques ? Troisièmement, s'agissait-il d'un  topos ou bien d'une rivalité. Était-elle et authentique quand les sources présentent les rencontres diplomatiques entre les chrétiens et les musulmans comme une opportunité de démontrer la supériorité culturelle et religieuse ? Quatrièmement, pourquoi certains souverains sont présentés, voire accusés dans les sources d'être hellénophiles ou islamophiles, c'est-à-dire excessivement intéressés par les autres religions et par les cultures étrangères et par la sagesse de celles-ci ?

 

 

Mots-clefs

Méditerranée - époque médiévale - échanges culturels - Chrétiens - Musulmans - don