UMR 7298 • UNIVERSITÉ D'AIX-MARSEILLE • CNRS
LABORATOIRE D'ARCHÉOLOGIE MÉDIÉVALE ET MODERNE EN MÉDITERRANÉE
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Magiciens, sorciers et devins à Byzance, IXe – XIIe siècles

Les recherches menées ont pour but d’établir une définition émique de la magie dans la société médiévale byzantine des IXe-XIIe siècles à partir des productions intellectuelles, artisanales et artistiques de cette période. Pour inscrire cette étude dans l’histoire des mentalités byzantines par le biais de ce produit culturel si particulier qu’est la magie, nous avons préféré centrer la recherche davantage sur l’Homme que sur le concept. Cette définition est construite en deux temps : tout d’abord, la figure du sorcier puis, dans un second temps, sa place dans la société.

 

L’objet de la première partie est de déterminer ce que les Byzantins entendaient par magicien, devin ou sorcier. La langue étant l’un des fondements de l’identité culturelle, il nous a semblé intéressant de débuter par les lexiques byzantins eux-mêmes, c’est-à-dire les glossaires et recueils étymologiques de la période. S’ensuivent les tentatives byzantines de classification de cet ensemble surnaturel désordonné et les difficultés de leur application concrète. Puis, à partir des sources traditionnelles et alternatives, nous allons tenter de dresser un profil-type de ces hommes, de ces femmes, en considérant leurs compétences, leurs activités et leurs comportements. Cette partie se conclut sur la représentation des magiciens et des sorciers dans les productions artistiques.

 

La deuxième partie concerne la place de ces personnages dans la société mésobyzantine, à commencer par l’ensemble des lois civiles et canoniques qui réprimaient ces activités. Nous étudierons les intrigues politiques à base de magie et les procès intentés contre les personnes soupçonnées de sorcellerie, avec l’idée qu’ils sont de formidables révélateurs de l’étendue de la crédulité des Byzantins, à l’instar des portraits des hérésiarques et de leurs fidèles dressés par des intellectuels byzantins. Pourtant, malgré ce contexte répressif et quelques châtiments exemplaires, magiciens, sorciers et devins continuaient d’être fréquemment sollicités par toutes les classes de la société jusqu’à l’empereur en personne. Nous verrons donc que ces marginaux anticonformistes semblaient assez bien intégrés, à partir du moment où ils ne représentaient pas une menace pour la société et pour ses valeurs. Enfin, au niveau de l’individu, l’étude de la magie offre une foule de renseignements sur le rapport de tout un chacun vis-à-vis de son monde. Nous établirons un tableau des différentes réactions possibles des Byzantins face aux détenteurs d’un pouvoir surnaturel interdit, en partant des quelques partisans jusqu’à leurs plus farouches opposants, sans omettre le scepticisme affiché d’un petit nombre.

 

Opération de recherche effectuée dans le cadre d'une thèse.

Mots-clefs

Byzance - époque médiévale - magie