UMR 7298 • UNIVERSITÉ D'AIX-MARSEILLE • CNRS
LABORATOIRE D'ARCHÉOLOGIE MÉDIÉVALE ET MODERNE EN MÉDITERRANÉE
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Les techniques de production - échanges et circulation des produits alimentaires

L’objectif de cette recherche est d’étudier tous les aspects des produits alimentaires depuis la production jusqu’à la consommation. Elle analyse les étapes de diffusion dans le monde Méditerranéen et la mise en place d’activités artisanales, voire industrielles (concentration de capitaux, innovations technologiques, organisation rationnelle du travail).

Le développement de la production d’un certain nombre de denrées alimentaires les fait entrer dans le cercle du grand commerce international. Cette évolution participe, en les accentuant, aux grandes mutations de ce commerce à la fin du Moyen Âge.

 

L’augmentation de la demande dès la seconde moitié du XIVe siècle a engendré des mutations tant au niveau des moyens de transport utilisés qu’au niveau des stratégies suivies par les grandes puissances maritimes pour s’assurer l’approvisionnement et la redistribution des produits alimentaires, entre autre du sucre, des fruits secs et des épices à grande échelle.
D’autre part, contrairement à des produits lourds tels que l’alun ou le blé, qui font l’objet d’un transport particulier, le sucre accompagne toute une gamme d’épices et de marchandises légères et de haute valeur, dont le transport est réservé surtout aux galées, qui offrent une grande sécurité et un acheminement rapide et régulier sur les routes d’Orient. L’étude des techniques commerciales permet de tracer les lignes de navigation et surtout la géographie des itinéraires qu’empruntent ces nombreux produits alimentaires de luxe dont raffolent les cours princières et les hôtels aristocratiques.

 

À la diversité des moyens de transport et des techniques commerciales, s’en ajoute une autre : celle des hommes d’affaires qui participent au trafic des marchandises. Si on n’observe aucune spécialisation au cours du XIVe siècle, le siècle suivant, au contraire, a connu un intérêt grandissant pour le commerce de ces produits alimentaires de luxe. De nombreuses compagnies commerciales s’établissent autour des centres de production et multiplient les interventions et les spéculations dans les étapes de la production comme dans celles de l’exportation, comme le montre l’exemple génois de la Société des Gouverneurs des fruits, qui a obtenu le monopole de l’exportation des fruits et du sucre du royaume de Grenade.

 

Une vue d’ensemble permet de suggérer un partage du marché entre les vieilles nations marchandes, surtout entre Venise et Gênes. Si celles-ci ont laissé leurs empreintes sur ce trafic, il ne faut cependant pas sous-estimer le rôle des autres nations (Catalans, Allemands, Provençaux, Toscans, marchands locaux des centres de production…) et surtout l’importance du commerce régional.

 

L’étude de ces produits alimentaires permet d’éclairer de nombreux aspects de l’histoire médiévale : nous sommes amenés à envisager l’étude du monde agricole, avec ses mutations, de l’histoire commerciale, avec ses techniques et ses acteurs, de la médecine, de la diététique et de la pharmacopée. Le sucre, par exemple, constitue un excellent point d’observation pour appréhender l’organisation du travail et les questions d’évolution et de transfert des techniques. Il est aussi un produit emblématique pour comprendre les mutations des pratiques alimentaires, des goûts et des modes.

Mots-clefs

Méditerranée - époque médiévale - échanges - production - commerce - aliment - sucre