UMR 7298 • UNIVERSITÉ D'AIX-MARSEILLE • CNRS
LABORATOIRE D'ARCHÉOLOGIE MÉDIÉVALE ET MODERNE EN MÉDITERRANÉE
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Les relations diplomatiques entre Byzance, l’Orient et l’Occident

Le champs des relations diplomatiques est l’un des plus porteurs de la recherche actuelle. Il est à la croisée de l’histoire de la politique extérieure des États, de l’anthropologie, de la sociologie, et de l’histoire des concepts politiques.

 

Il couvre des domaines multiples relevant de la thématique des échanges et de l’exercice du pouvoir : échange d’ambassades, sauf-conduits accordés aux envoyés en mission ou aux ambassadeurs à travers les territoires étrangers et parfois ennemis, choix, rôle et figure des ambassadeurs, interprètes, réception des ambassades au sein des cours souveraines, cadeaux diplomatiques, chancellerie chargée des relations diplomatiques avec ses traducteurs et ses notaires,  documents diplomatiques qui en sont issus, comme la lettre diplomatique, la lettre de créance, les correspondances entre souverains et, enfin, les traités avec les serments et la foi jurée.

 

L’étude des relations diplomatiques de l’empire byzantin couvre plus d’un millénaire d’histoire depuis la fondation de Constantinople en 330 jusqu’à sa chute en 1453. Les frontières se sont modifiées depuis l’Euphrate, le Danube et l’Afrique septentrionale jusqu’à la banlieue de Constantinople et la Morée. Mais les relations diplomatiques n’ont jamais cessé d’être omniprésentes, car aux guerres succédaient les trêves avec l’échange des prisonniers, les négociations jusqu’aux conventions et aux traités de paix et d’amitié comportant alliances matrimoniales et traités de commerce. Certes, aux Perses succédèrent les Arabes, puis les Turcs, les Mamluks et les Mongols en Orient, aux Avars les Khazars, les Bulgares, les Serbes et les Hongrois, aux Ostrogoths les Lombards, les Francs, les Germains...

 

Avec tous ces peuples il a fallu que Byzance traite dans le cadre de leurs États (principautés, royaumes, empires, ou communes), envoie ses ambassadeurs dans les cours étrangères parfois prestigieuses où il fallait rivaliser de munificence : cour abbasside à Bagdad, cour omeyyade à Cordoue, cour ottomane à Bursa et à Édirne, cours des roi de France, d’Espagne et d’Angleterre, cour serbe à Skopje, cour papale à Rome ou Avignon… En retour, il fallait à Constantinople recevoir les ambassadeurs étrangers, leur déployer le faste impérial à la Magnaure, les éblouir par les courses à l’hippodrome, les processions impériales du palais à Sainte-Sophie et aux Saints-Apôtres et les cadeaux à profusion. La ritualisation de la mise en scène et la propagande font partie intrinsèque des relations diplomatiques.

 

Les relations diplomatiques instauraient une hiérarchie entre États sur l’échiquier politique international que révèlent la titulature des souverains dans les adresses des lettres diplomatiques, les subtilités des protocoles de réception d’ambassades, les audiences données aux ambassadeurs, le choix des ambassadeurs d’un côté et de leurs interlocuteurs de l’autre.

 

La pierre d’achoppement pour le Byzantiniste spécialiste des relations diplomatiques reste le naufrage des archives de la chancellerie impériale avec la conquête ottomane. Les documents diplomatiques issus de Constantinople qui ont survécu, originaux ou copies, se trouvent dans les chancelleries étrangères, d’autres documents ont été recopiés ou mentionnés soit dans les actes diplomatiques étrangers soit dans les chroniques soit dans les correspondances des hommes d’État.

Mots-clefs

Méditerranée - époque médiévale - échanges - diplomatie - Byzance