UMR 7298 • UNIVERSITÉ D'AIX-MARSEILLE • CNRS
LABORATOIRE D'ARCHÉOLOGIE MÉDIÉVALE ET MODERNE EN MÉDITERRANÉE
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Le travail des matières dures d’origine animale en Provence, aux périodes médiévale et moderne (Xe-XVIIIe siècles)

Le travail des matières dures d’origine animale regroupe l’étude des productions manufacturées issues des sous produits animaux que sont l’os, le bois de cervidé, les ivoires, la nacre, le corail, la corne, les fanons de baleine, les écailles de tortue. Ces matières ont été le support de l’élaboration d’objets parfois d’une grande finesse de réalisation (pour les cours royales ou les trésors d’église). Elles ont également pu participer à l’élaboration d’artéfacts plus modestes, répondant souvent à un besoin quotidien. Ce type de pièces à l’inverse des productions techniquement plus abouties ne sort pas forcément d’ateliers spécialisés.

 

La multiplicité des matières ainsi que des portions de matière employées a donné lieu à la fabrication d’artéfacts d’une grande diversité dans leur morphologie et dans leur destination fonctionnelle. Les découvertes archéologiques nous livrent ainsi des instruments ou des outils (manches, cuillères) des objets sonores (flûtes, sifflets, battants de cloches), des pièces à vocation religieuse (pendentifs, grains de chapelets, bourdons miniatures), des artéfacts liés au jeu (dés à jouer, pions d’échecs, de trictrac), à l’ameublement (plaquettes décoratives de coffret), au tissage et au filage (aiguilles, fusaïoles), à la toilette (peignes, gravoirs, cure-oreille/cure-ongle, brosse), au costume (boucles de ceinture, boutons), à la chasse ou à la guerre (noix d’arbalètes, détentes d’arbalètes).

 

Les recherches doctorales actuellement menées proposent de prendre en compte toute la diversité de ce type de mobilier à travers une double approche archéologique et historique, dans le but d’appréhender l’économie des matières dures d’origine animale en Provence, où elle est encore méconnue. 

 

Les recherches se fixent pour l’heure autour de trois grands axes. Le premier prend en compte les objets en eux même, leur morphologie et typo-chronologie. Quels sont les artéfacts produits durant le Moyen Âge, l’époque moderne ? Y a t-il une évolution dans la manière d’employer la matière dure d’origine animale ? Un second axe traite des matières employées et des circuits commerciaux parcourus. Celui-ci s’appuie sur deux approches complémentaires : le dépouillement des sources d’archives et l’archéozoologie. Cette collecte de données va donc permettre de mieux caractériser la circulation des marchandises, les acteurs, les modalités de ce commerce, les routes commerciales empruntées et les prix pratiqués. Le dernier axe de recherche s’attache à l’étude des techniques de fabrication et à la compréhension des étapes d’élaboration, au choix des outils, grâce aux objets et aux déchets, afin d’appréhender les savoir-faire de ces époques.

 

L’image actuellement donnée de ce mobilier ne révèle pas toute l’étendue des productions. Ce travail a pour but de réfléchir à la culture matérielle médiévale et moderne, à l’économie des artisanats, des métiers, ainsi qu’aux échanges, cela grâce à l’articulation de plusieurs champs disciplinaires.

 

Opération de recherche effectuée dans le cadre d'une thèse.

Mots-clefs

Provence - époque médiévale - mobilier métallique - accessoire