UMR 7298 • UNIVERSITÉ D'AIX-MARSEILLE • CNRS
LABORATOIRE D'ARCHÉOLOGIE MÉDIÉVALE ET MODERNE EN MÉDITERRANÉE
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Gérer la ressource. Regards croisés archéologiques, historiques, et ethnoarchéologiques

La gestion des ressources est l’un des principaux soucis des artisans, et plus particulièrement des chaufourniers et charbonniers. Sans matière première et sans combustible, il n’y a point de production. Or, les traces laissées par les premières étapes des chaînes opératoires techniques de la fabrication de la chaux et du charbon de bois sont extrêmement ténus, et difficile à cerner, que l’approche choisie soit historique ou archéologique. Le choix d’une démarche pluridisciplinaire s’impose donc ici, mêlant à la fois la fouille et la prospection, la compulsation des archives (sources de la pratique et savantes), l’analyse anthracologique et le recours à l’enquête ethnoarchéologique.

 

L’alimentation en combustible est l’une des étapes fondamentales aux artisans utilisant le feu comme moyen de production. Les sources historiques sont souvent peu loquaces à ce sujet, bien que les règlementations communales, les délibérations et quelques contrats enregistrés par les notaires éclairent parfois cet aspects à la fin du Moyen Âge. A l’inverse, l’analyse des macro-restes végétaux retrouvés dans les foyers de four permet d’entrevoir une gestion raisonnée de la masse ligneuse disponible, dont le maître mot paraît être la réservation de certaines formations ou espèces à des activités précises.

 

Dans le cas de la chaufournerie, l’acquisition de la matière première calcaire est encore plus difficile à appréhender. Les textes sont muets sur ce point, et les vestiges archéologiques n’ont pu être compris qu’après avoir eu recours à l’enquêtes ethnaorchéologique. C’est la connaissance des chaînes opératoires techniques mises en œuvre par les artisans de la Tunisie actuelle qui a ouvert la voie à l’identification et à l’analyse des vestiges laissés par la préparation des pierres calcaires.

 

La démarche pluridisciplinaire a également ouvert le regard sur la place de la récupération dans l’économie. Entre mise à profit de ressources naturelle et récupération, la part est souvent difficile à évaluer. Pourtant, les fouilles et les enquêtes ethnoarchéologiques montrent que les artisans n’hésitent pas à récupérer tous les matériaux qui leur sont nécessaires, qu’ils soient matières premières à cuire, matériaux de construction ou combustible. Le phénomène est souvent opportuniste, mais rarement occasionnel, et apparaît, au contraire, comme structurel.

Mots-clefs

Four à chaux, récupération, arts du feu, anthracologie, histoire, archéologie, ethnoarchéologie