UMR 7298 • UNIVERSITÉ D'AIX-MARSEILLE • CNRS
LABORATOIRE D'ARCHÉOLOGIE MÉDIÉVALE ET MODERNE EN MÉDITERRANÉE
Vous êtes ici : > Recherche > Axe 3 > Activités de Production : Programme 4 > Costume militaire

Costume militaire du XIIe au XVe siècles

Parmi les objets issus de fouilles, se trouve généralement un certain nombre d’éléments métalliques. Pas toujours identifiables à cause de la corrosion qui les ronge, il faut les confier aux mains expertes de spécialistes en restauration afin que l’artefact retrouve de nouveau un nom, une identité et dévoile à quelle utilisation primaire il était voué.

 

Cependant, bien que la majeure partie de ces objets abandonnés, égarés ou volontairement rejetés soient prioritairement de l’outillage agricole ou d’artisanat, peuvent parfois s’isoler au milieu quelques éléments ayant appartenu au costume ou à la parure et que l’on peut diviser en deux groupes distincts : le costume civil et le costume militaire.

 

En ce qui concerne le costume militaire, thème de notre recherche, celui-ci peut être encore divisé en deux grandes catégories. La première, l’armement offensif, regroupe des équipements dont le but était de causer des dommages physiques à une tierce personne. Elle se subdivise à nouveau en trois autres sous-catégories que nous désignons, armes de jet (lances, flèches…), armes d’hast (hallebardes, piques…) et armes de poing (épées, dagues…).

 

La seconde grande catégorie est l’armement défensif. Il se matérialise par toute protection visant à protéger le corps. La principale défense étant évidemment, l’armure qui cherchait à garantir le combattant des coups qu’il pouvait recevoir. Mais d’autres, non moins importantes, se présentaient comme un complément efficace tenu à la main ou encore fichés en terre tels que les boucliers, écus, rondaches, pavois …

 

Comme on peut l’imaginer, ce matériel et équipement ne restent pas figés dans le temps. Au fil des années, il va subir des évolutions et des transformations bien marquées, dû principalement à l’évolution des armes et des techniques de combats. Ainsi, si le fantassin des batailles du 12e siècle ne ressemble en rien à celui du 15e, cela se vérifie d’autant plus sur l’harnois du combattant noble, depuis le simple écuyer jusqu’au chevalier de la haute aristocratie. N’oublions pas non plus les chevaux de guerre ou destriers qui, montés par la noblesse, se verront également caparaçonnés par des protections évolutives au fil des siècles.

 

Cependant, lors de fouilles, il est très rare de découvrir une armure entière. Jusqu’à ce jour, seules les fouilles dirigées en 1930 par Bengt Thordeman sur le site de Visby (Suède), ont mis au jour plusieurs charniers de soldats dont les squelettes étaient encore vêtus de leurs armures. Cette fouille reste encore une référence en la matière et a permis de présenter un grand nombre de protections portées par ces militaires lors de cette bataille du 27 juillet 1361.

 

Plus généralement, les découvertes d’armement, qu’il soit défensif ou offensif, ne se relèguent plus qu’à de très petits lots fragmentés de lames de cuirasses ou encore de petites parties de cottes de mailles. Quant aux épées et aux dagues, elles ont souvent été mises au rebut par leurs anciens propriétaires après avoir été brisées.

 

Ces morceaux d’armes, ne sont pas toujours aisés à identifier. Et parfois il est très difficile de savoir à quel type et à quelle partie de l’armure appartenait la pièce découverte. Notons également, que les mises au jour d’éléments antérieurs au 14e siècle semblent plus rares. Cependant, nous savons que le recyclage du fer était très pratiqué à cette époque, ainsi la refonte des pièces d’armures devenues obsolètes ou inutilisables, à contribué à la disparition d’équipements plus anciens.

 

Si certains inventaires peuvent apporter des informations, c’est tout de même prioritairement grâce à l’iconographie qu’il est possible de mieux apprécier les costumes de guerre dans leur intégralité. La sigillographie, les retables, ou encore les vitraux pour ne citer que ceux-ci sont des sources très importantes. Les collections d’armures présentées dans les grands musées européens sont également une référence solide. Même si en général, la plupart de ces équipements affichent l’extrême fin de la période médiévale et sont plutôt contemporains des 16e ou 17e siècles.

 

Enfin, une autre source très importante apporte des éléments très intéressants et fiables. Il s’agit de l’art funéraire qui présente des combattants dans leur costume de guerre (ou de parade) et cela dès le début du 13e siècle. Ces effigies, identifiées en tant que priants, gisants et plates-tombes, affichent généralement ces militaires à échelle souvent proche de la réalité avec un détail parfois très précis de l’équipement

 

Ainsi voit-on, que pour étudier le costume militaire médiéval occidental, de nombreuses sources s’offrent au chercheur. Mais si nombreuses soient-elles, elles laissent tout de même quelques zones d’ombres et d’interrogations dans l’histoire de sa conception et de son évolution.

Mots-clefs

Provence - époque médiévale - mobilier métallique - accessoire