UMR 7298 • UNIVERSITÉ D'AIX-MARSEILLE • CNRS
LABORATOIRE D'ARCHÉOLOGIE MÉDIÉVALE ET MODERNE EN MÉDITERRANÉE
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Accessoires vestimentaires métalliques en Provence du XIe au XVIe siècle

Les composantes fondamentales du costume « médiéval », telles que chaussures, braies, tunique, chapeau ou manteau, les accessoires qui le complètent comme les ceintures, bourses, aumônières, etc., comportent souvent des éléments utilitaires ou décoratifs. Ce sont des moyens de fixation prenant la forme d’épingles, d’agrafes, de boutons, des constituants de la ceinture, mais aussi des ornements que l’on ajoute à celle-ci ou à même les étoffes, tels les grelots, appliques et enseignes. Des parures de corps, bracelets, bagues et colliers, des attributs de fonction, couronne, tiare ou sceptre, peuvent également l’accompagner. Marqueurs culturels, socio-économiques, chronologiques, accessoires à part entière de l’apparence et donc de l’identité, ils font paraître ce que l’on est ou ce que l’on voudrait être.

 

Ces objets participent donc à l’affichage, parfois ostentatoire, du statut du porteur : famille, mari, épouse, personnel d’une maison. Ils doivent être replacés dans le cadre large de l’évolution générale et locale du costume. En effet, parfois spécifiques de zones géographiques très restreintes, d’un type de vêtement ou réservés à un sexe, ils sont souvent tributaires d’un statut social, d’un mode de vie, d’un environnement. Ils suivent également les changements de mode dans le costume : leurs formes, leurs matériaux, leurs aspects fonctionnels sont par conséquent soumis à des variations. De même, l’évolution des procédés techniques n’est pas sans incidence. La variété de leur contexte de découverte et la nature des matériaux les plus couramment employés – en grande majorité des alliages de base cuivre, du fer et de l’os – suggère une diffusion large dans toutes les couches de population. Expression de  puissance, de prestige, de  pouvoir  pour la noblesse, symbole de richesse pour la bourgeoisie, ils sont, pour les ecclésiastiques, le signe de leur consécration et de leur investiture. Chez les plus humbles, ils se caractérisent par une plus grande simplicité non exempte toutefois de décorations. L’une des caractéristiques principales de la mode médiévale est un goût poussé pour l’ornementation et les règlements somptuaires tentent d’en réfréner le faste, le paraître. Ces objets peuvent se transmettre sur plusieurs générations, être mis en gage, faire partie d’un don, d’un échange ou constituer un investissement financier. Certains accessoires possèdent une valeur prophylactique, d’autres sont chargés de symboles tels la ceinture et la coiffe de mariée et apparaissent comme une condition sine qua none à la célébration.

 

L’examen approfondi du mobilier archéologique provençal et pareillement de la bibliographie, complété par des analyses de composition sur des éléments précis du corpus, se doit d’être mené de concert avec un dépouillement des sources écrites et un relevé des représentations des accessoires dans l’iconographie régionale et européenne. Cette approche globale, permet de mieux appréhender les techniques de fabrication et chaînes opératoires, la diffusion des objets et les acteurs qui y participent, son évolution morphologique et fonctionnelle en fonction des influences subies. L’étude typo-chronologique, élément de base et principal de l’étude, est destinée à faire de ces artefacts, au fur et à mesure de la multiplication des études, des éléments datant de premier ordre à l’égal de la céramique.

 

Opération de recherche effectuée dans le cadre d'une thèse.

Mots-clefs

Provence - époque médiévale - mobilier métallique - accessoire