UMR 7298 • UNIVERSITÉ D'AIX-MARSEILLE • CNRS
LABORATOIRE D'ARCHÉOLOGIE MÉDIÉVALE ET MODERNE EN MÉDITERRANÉE
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Les mines de cuivre protohistoriques du Massif des Rousses

Des prospections minières systématiques menées à partir de 1985 sur l’ensemble du massif de l’Oisans (Isère), ont conduit à identifier, dans le massif des Rousses, entre 2200 et 2500m d’altitude, un ensemble comprenant plus de 50 emplacements d’extraction du cuivre, daté du Bronze ancien (2141 à 1680 av. n.è.). Le champ filonien se développe sur 5 kilomètres de long et 500m de large, entre le lac du Milieu et le col de Couard et même au-delà du col de la Croix de Fer, du côté de la Savoie.

 

Tous les chantiers sont percés directement dans la puissance des filons de quartz et le minerai exploité est la chalcopyrite. La roche encaissante, mais plus encore la gangue étant particulièrement résistantes, les hommes ont employé systématiquement la technique de l’abattage par le feu. Ce qui suppose une parfaite maîtrise de cette technique car les travaux ont parfois été entrepris en descendant à partir de l’affleurement, ce qui présente de grandes difficultés. D’autre par, certains chantiers sont très développés et il fallu employer de grandes quantité de bois pour creuser le quartz ; or, les études palynologiques menées à partir de milieux humides environnants confirme l’absence de végétation arbustive au moment de l’exploitation minière. Ces quelques remarques attestent qu’une solide organisation du travail avait été mise en place par des hommes de l’art dès cette époque là.

 

À coté des chantiers d‘abattage, subsistent des vestiges de cabanes, d’aires de concassage, etc.

 

Cette découverte est exceptionnelle car le massif des Rousses constitue certainement un des grands centres de production du minerai qui a alimenté la métallurgie alpine. La proximité de lacs ou de zones humides autorise une recherche paléoenvironnementale : quel climat a permis d’exploiter à une telle altitude ? quelle pollution résultant de l’abattage par le feu a-t-elle été enregistrée ?

 

Les prospections menées plus largement par les préhistoriens visent à alimenter la carte d’occupation du sol sur des zones propices à l’établissement d’installations humaines – habitat, pastoralisme – en complément de l’étude stricte des vestiges liés au métal, ceci afin de comprendre où et comment vivaient les exploitants.

 

La complémentarité des vestiges, leur densité, leur conservation exceptionnelle, sans modifications postérieures justifient le développement d’un programme de recherche important, qui a débuté en 2005 sous ma direction, puis sous la direction de J. Vital (UMR 5138 “Archéologie et Archéométrie” - Maison de l'Orient et de la Méditerranée - Lyon) à partir de 2009 ; je conserve la responsabilité de l’étude des aspects strictement miniers.

 

  • Chantier extractif en falaise
Mots-clefs

archéologie minière - mine - Massif des Rousses - cuivre