UMR 7298 • UNIVERSITÉ D'AIX-MARSEILLE • CNRS
LABORATOIRE D'ARCHÉOLOGIE MÉDIÉVALE ET MODERNE EN MÉDITERRANÉE
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Le district minier d’Hierle (Saint Laurent-le-Minier – Gard)

XIe-XVe s.

Exploitation du cuivre argentifère

 

Le Languedoc a connu une histoire minière très active au Moyen Âge grâce à la convergence de plusieurs facteurs : de nombreux gisements de cuivre et plomb argentifères ; l’existence de grandes seigneuries qui battaient monnaie (regalia) ; une période de forte expansion démographique et économique en Europe.

 

Pour répondre aux besoins nouveaux, la recherche de sources de métal précieux est intense. L’étude des archives le montre, les grands seigneurs du Languedoc mènent une véritable politique minière.

 

C’est dans ce contexte qu’il faut interpréter la formidable activité qui s’est déroulée dans le district minier de la Terre d’Hierle. Au XIIIe siècle, la Terre d'Hierle est une seigneurie dépendant de la grande famille des Sauve et d'Anduze.

 

L’étude de ce district minier médiéval – XIe-XVe siècles – a débuté en 1985. Plus de 80 sites distincts ont été inventoriés, dans un rayon de moins de 1 km du bourg de Saint-Laurent-le-Minier (Sanctus Laurentius de Meneria en 1320), véritable agglomération minière. Les vestiges miniers sont conservés dans leur état d’abandon médiéval et comportent des entrées de réseaux souterrains, des galeries de recherche, des haldes, des ateliers de forge et d’essai du minerai, des chemins des mineurs… Certains chantiers se développent sur plusieurs kilomètres de réseaux. Le milieu souterrain étant propice à la conservation des matières organiques, des aménagements de bois ont été retrouvés : éléments de treuil, de plancher, de grille de stockage de remblais,.... L‘étude de ce vaste ensemble a apporté des informations inédites sur la gestion de l’espace souterrain, sur la conduite des chantiers, la circulation des hommes et des matériaux sous terre.

 

Ce district minier offre la possibilité, unique à ce jour, de comparer la théorie et la pratique.

 

Une charte est rédigée à Ganges, en février 1227, à la demande des argentiers. Elle est concédée par Pierre-Bermond, seigneur de Sauve et d'Anduze. Le document se compose de trois éléments : un préambule et six articles en latin suivis du rappel de onze articles en languedocien ; ces onze articles constituent un véritable code minier dans lequel sont évoqués des cas pratiques de gestion de l’espace souterrain. Ce texte montre que l’activité minière est ancienne, structurée et à la veille d'un nouvel essor au début du XIIIe siècle. C'est pourquoi, les argentiers ont besoin de garanties face au pouvoir public. La charte de 1227 leur accorde la libre disposition des biens, l’exemption d'impôts, une relative liberté judiciaire. L’étude des articles en languedocien fait remonter ce premier droit écrit à la seconde moitié du XIIe siècle. Il est possible que des coutumes orales aient précédé la rédaction de ce document, ce qui fait de ce code minier le plus ancien connu pour le Moyen Âge français (fin XIe - première moitié du XIIe siècle ?), contemporain et comparable dans ses articles au code minier de Trento. La question de la filiation reste à étudier car les auteurs s’accordent à donner le Liber de postis montis arzenteriae de Trento comme l’ancêtre des règlements miniers médiévaux et renaissance et font des Alpes Orientale le berceau de ces codifications.

Mots-clefs

archéologie minière - mine - Gard - St Laurent-le-Minier - Hierle