UMR 7298 • UNIVERSITÉ D'AIX-MARSEILLE • CNRS
LABORATOIRE D'ARCHÉOLOGIE MÉDIÉVALE ET MODERNE EN MÉDITERRANÉE
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Le district minier du Colombier (Sainte-Marguerite-Lafigère –Ardèche)

XIe-XIVe s.

Exploitation du plomb, cuivre et argent

 

Le Vivarais médiéval participe activement à l’économie de l’argent. La ville minière de Largentière est un témoignage fort de la vitalité de la recherche des métaux au Moyen Âge. Construite sur les chantiers extractifs la cité conserve les vestiges architecturaux de sa splendeur passée.

 

Non loin de ce centre, aux confins de l’Ardèche, du Gard et de la Lozère un district minier s’est développé en bordure du cours du Chassezac, entre les XIe et XIVe siècles. Le minerai polymétallique plomb, cuivre, argent y était recherché.

 

L’étude de cet ensemble a débuté en 2000 et s’est poursuivie, de façon irrégulière jusqu’en 2009. Depuis cette date, en compte tenu de la qualité des vestiges conservés, une programmation scientifique pluriannuelle a été engagée.

 

L’entreprise médiévale a exploité deux filons croiseurs : le filon de La Rouvière et le filon des anciens et un gisement dissocié topographiquement, le filon du Vert. La reprise des travaux au XIXe siècle a en grande partie gommé les vestiges médiévaux de La Rouvière et du Vert, sans toucher au Filon des Anciens, objet de l’étude archéologique.

 

Les première campagnes ont été consacrées aux chantiers extractifs souterrains et à ciel ouvert. Si les techniques d’abattage sont habituelles pour l’époque – le feu et la percussion – l’originalité de ce district tient à son exceptionnel nombre de puits. Quatorze puits ont été recensés sur environ 500 m de longueur le long de l’axe du filon. Certains fonctionnent par paire, alternant avec des puits simples. Une première hypothèse peut être formulée pour expliquer ce dispositif inédit : les minéralisations se trouvent dans une faille très broyée. Le creusement des puits dans le gisement permettait d’en apprécier la puissance, mais la circulation des hommes et des matériaux nécessitait des axes creusés en roche saine, latérale au filon ; d’autre part, la proximité des puits les uns par rapport aux autres facilite grandement l’aération pour l‘abattage par le feu.

 

En 2009, la DRIRE a décidé la mise en sécurité des chantiers miniers, interdisant toute poursuite de leur étude : pétardage des entrées de mines, bétonnage des têtes de puits, écrêtage des bords de dépilages à ciel ouvert pour les combler. Depuis cette date, les campagnes de terrain se concentrent sur l’étude des vestiges de surface, environ une quinzaine de bâtiments. La fouille a livré trois ateliers de concassage, une maison des mineurs (maison du poêle sur les mines vosgiennes renaissance) et des structures dont l’interprétation est en cours (campagne 2012). Mortiers et percuteurs ont été retrouvés dans les ateliers et épars sur le flanc de la colline qui est entièrement lotie. La fouille a livré un corpus de céramiques étudié par Guergana Guionova du LA3M.

 

Parallèlement au terrain, une étude historique est en cours, conduite par Nicolas Minvielle Larousse dans le cadre de sa thèse Les ressources minières dans les Cévennes médiévales – Xe-XVe siècles. Gestion, commerce et territorialisation.

Mots-clefs

archéologie minière - mine - Ardèche - Sainte-Marguerite-Lafigère - Colombier