UMR 7298 • UNIVERSITÉ D'AIX-MARSEILLE • CNRS
LABORATOIRE D'ARCHÉOLOGIE MÉDIÉVALE ET MODERNE EN MÉDITERRANÉE
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L’agglomération minière de Brandes (Huez-Isère)

XIIe-XIVe s.

Exploitation de plomb argentifère

 

Brandes est un unicum, car c’est le seul exemple connu de coron médiéval – XIIe-XIVe siècles - implanté à 1800 m d’altitude, sur le carreau d’une mine de plomb argentifère.

 

La nature et la conservation des vestiges offrent une complémentarité exceptionnelle, à la fois pour dresser le portrait d’une société de professionnels de la mine - fortification, église paroissiale, nécropole, habitations, niveau de vie, mentalités, état sanitaire de la population - mais aussi pour comprendre, par la fouille et l’archéométrie, les techniques mises en œuvre pour l’extraction du minerai et son traitement minéralurgique: concassage, broyage, lavage. La relative abondance d’archives émanant de l’administration delphinale éclaire sur les liens qui existaient entre Brandes et le Dauphin, et par ce biais, permet de comprendre l’enjeu politique, économique et stratégique que représentait une mine d’argent à une époque de monométallisme.

 

Les chantiers extractifs se développent sur le plateau qui porte l’agglomération, mais aussi au-dessus du Lac Blanc, à 2600 m d’altitude. Leur étude a été lourde à mener car les mines sont systématiquement comblées de remblais et noyées. Les mineurs ont utilisé les deux techniques alors en usage : l’abattage par le feu et par percussion. Malgré l’absence de végétation arbustive (étude palynologique), la forme des galeries indique clairement que l’abattage par le feu a été majoritairement employé, ce qui suppose une bonne gestion de l’approvisionnement en combustible. La fouille a livré des burins, des coins et une masse. Afin de ne pas altérer le minerai, le feu était employé pour élargir les passages en roche stérile ou encaissante alors que la percussion était réservée à la purge des parois après l’action des flammes et à extraire le minerai de plomb et argent massif.

 

Depuis 1999, la fouille se concentre sur l’extrémité occidentale du site occupée par un quartier industriel dédié au traitement minéralurgique du minerai. Deux très grandes canalisations drainent vers le village les eaux du Lac Blanc depuis son déversoir. La fouille du quartier industriel, qui devrait s’achever en 2014, a permis de comprendre l’ensemble de la chaine opératoire grâce à la conservation des ateliers, des outils et des déchets des trois principales opérations permettant de séparer le minerai de sa gangue : la baryte et parfois le quartz. Après un premier tri dans la mine, seuls les blocs minéralisés étaient amenés dans les ateliers pour y être concassés (mortiers et percuteurs en pierre), puis broyés par des meule mues par l’énergie hydraulique. La question du broyage a fait l’objet d’une étude spécifique à partir du corpus de meules et des installations mises au jour dans la canalisation occidentale. Une fois réduits en poudre, le minerai et ce qui subsistait de gangue étaient séparés lors du lavage à la planche (34 bassins de lavage fouillés). Chacune de ces étapes a fait l’objet d’études approfondies mêlant fouille stratigraphique, comparaisons ethnoarchéologiques et analyses archéométriques fines.

 

Brandes fait figure de référentiel pour les chercheurs travaillant sur ces thématiques.

Mots-clefs

archéologie minière - mine - Isère - Huez - Brandes