UMR 7298 • UNIVERSITÉ D'AIX-MARSEILLE • CNRS
LABORATOIRE D'ARCHÉOLOGIE MÉDIÉVALE ET MODERNE EN MÉDITERRANÉE
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Structures et rythmes des échanges économiques dans les campagnes de la Méditerranée occidentale

Moyen Âge-Temps Modernes

Parmi les questions encore peu abordées du fait de clivages peut-être encore trop profonds entre les recherches urbaines et rurales d’une part, archéologiques et historiques de l’autre, celle des échanges (réseaux, marchés, structures et impacts socio-économiques) entre la ville et les campagnes pendant est particulièrement cruciale. Nous pensons proposer de nouveaux angles d’attaque de ce sujet à partir d’un traitement dynamique de données diachroniques (Moyen Age, Temps Modernes) issues de travaux pluridisciplinaires (corpus des connaissances historiques et archéologiques, certes, mais aussi données géographiques, géomorphologiques, anthropologiques…) et par l’élaboration d’un nouvel outil de travail (SIG) qui devrait, plus largement, permettre de repenser et renouveler les orientations de recherche en archéologie médiévale. Dans un premier temps, Le choix d’espaces infrarégionaux s’imposait dans un premier temps : pour accompagner les projets du LA3M, le CEC Francia Media et la fouille du castrum du Montpaon, notamment, nous traitons prioritairement le territoire d’Arles et les Alpilles, l’espace départemental étant quant à lui abordé commune par commune. Nous souhaitons, pour chacune de ces fenêtre, retraiter à des fins d’analyse et de comparaison l’ensemble des données déjà publiées ou encore inédites (rapports et DFS, travaux universitaires) : un tri des informations (variété des sources et des objets) et une critique préalable (variabilité des critères déterminants comme celui de la datation, par exemple, qui devra sans doute être révisée pour des données anciennes) s’imposent avant la phase de géo-référencement qui devrait permettre de passer du discours micro-local à une analyse géographique plus large autorisant dès lors la mise en évidence des questions à traiter, au delà même du programme « échanges » et pour l’ensemble de la période jusqu’à l’époque moderne.

 

L’industrie céramique dont les produits sont omniprésents dans tous les contextes fouillés, est prioritairement choisie pour servir de fil directeur, de traceur pour les besoins de l’enquête. Aujourd’hui, et au LA3M notamment, la céramique est l’un des objets de l’archéologie médiévale les mieux maîtrisés : son rôle essentiel de marqueur chronologique des contextes de découverte a légitimé une concentration notable des activités de recherches sur l’analyse typologique de ces mobiliers. Pour autant, la céramique est porteuse de quantités d’informations sur la culture matérielle et les disparités sociales, l’histoire et la transmission des techniques ainsi que sur la circulation des biens de consommation. Dans la mesure où l’on saisit l’objet tout au long de sa vie, depuis sa production jusqu’à sa mise au rebut, les recherches menées sur des contextes très diversifiés apportent des indications fondamentales sur l’organisation économique des campagnes et particulièrement sur les secteurs secondaires (production) et tertiaires (marchés et réseaux de distribution) si peu documentés par les textes.

 

Ce serait désavouer la recherche historique et archéologique que de limiter les descripteurs à la céramique et à ses centres de production. La question des échanges doit bien sûr prendre en compte d’autres objets issus de ces recherches même si, au final, l’archéologue dispose de peu de traceurs matériels : les découvertes monétaires, les autres mobiliers pertinents pour cette étude ainsi que les officines dont ils sont issus, les ouvrages d’art et les monuments datés sont autant de points que l’on ajoutera bien sûr au canevas ; les routes et voies fluviales qui bénéficient actuellement d’une recrudescence des travaux, les ports, les places de déchargement et/ou de marché, formeront un lacis qui devrait au total se voir affiné par le croisement des entrées dans une base de données, outil conceptuel permettant leur gestion dans le temps et dans l’espace. Des sujets de Master (niveaux 1 et 2) portant sur l’historiographie de la discipline dans chaque région pourront être orientés pour favoriser la constitution du corpus documentaire, les étudiants intéressés étant soutenus par des journées thématiques (productions locales et importations : état de la recherche - lieux de production, lieux d’échange : les conditions du commerce- les voies de communication médiévales d’après les indicateurs archéologiques et historiques…

 

Un traitement statistique, spatial et diachronique des indices acquis et leur enregistrement dans un SIG (offrant une certaine compatibilité avec la Carte Archéologique) constitueront en effet non seulement un outil précieux mais surtout le point de départ objectif d’un travail plus large, visant à reconsidérer l’évolution les réseaux d’échanges et des places marchandes, des modes de distribution, de la réorganisation des centres économiques et des pôles de production du haut Moyen Âge jusqu’à l’Époque Moderne.

Mots-clefs

Époque médiévale - Temps modernes - campagne - échanges - commerce