UMR 7298 • UNIVERSITÉ D'AIX-MARSEILLE • CNRS
LABORATOIRE D'ARCHÉOLOGIE MÉDIÉVALE ET MODERNE EN MÉDITERRANÉE
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Produire et commercialiser la vaisselle de terre à Byzance

La première synthèse des recherches sur les céramiques byzantines, Byzantine Glazed Pottery, a été publiée par D. Talbot-Rice en 1930. Dans les années 1940, les découvertes importantes faites dans les fouilles de Pergame, de l'agora d'Athènes, de Corinthe ont permis d’établir de solides typologies qui ont longtemps fait figure de lots de références. Entre 1980 et la fin des années 1990, le corpus s’est considérablement accru et, en conséquence, les travaux visant à affiner les typologies se sont multipliés. Depuis 1990, articles, monographies et catalogues d’exposition témoignent d’un intérêt renouvelé pour la céramique byzantine qui bénéficie d’approches diversifiées.


La monographie proposée par Véronique François est consacrée à la production et la commercialisation des céramiques à Byzance. Elle est nourrie par les collections inédites du Musée du Louvre, soit 400 objets. Cette recherche fait le point sur les ateliers de potier qui étaient en activité à Byzance entre le VIIe et le XVe siècle, en s’appuyant  sur les découvertes des structures bâties, des fours, des outils et des dépotoirs — disséminés dans les Balkans, en Anatolie et en Crimée — mais aussi, et c’est nouveau, sur les résultats de récentes analyses chimiques des pâtes menées sur des biscuits recueillis dans divers dépotoirs de centres de fabrication. Ces données, en particulier, modifient notre perception du mode de fonctionnement de ces officines et, par conséquent, de l’artisanat potier à Byzance.


Trois types de complexes artisanaux sont distingués : un artisanat rural autosuffisant ; des ateliers urbains avec des zones de diffusion assez étroites ; et des complexes de production pour un commerce international. L’apport des textes sur la question du commerce de la vaisselle byzantine étant très limité, il est nécessaire de recourir à d’autres méthodes pour tenter de comprendre les mécanismes de  diffusion des productions


La cartographie des découvertes est une de ces méthodes. Elle permet de dessiner un tableau de la répartition des principaux types de vaisselle de table produits et commercialisés entre le VIIe et le XVe siècle dans l’Empire et hors ses frontières. Il ne s’agit pas seulement de localiser géographiquement les découvertes mais de replacer les céramiques par types et ou par périodes sur des fonds de cartes thématiques pour tenter de mieux appréhender les mécanismes de diffusion et saisir les modalités de la distribution. Des fonds de cartes représentant la répartition des grands types de productions byzantines sont mis en perspective avec d’autres données d’ordre géographique, économique et politique, elles aussi cartographiées. Ces confrontations mettent en évidence les aires de distribution des productions en termes de complémentarité et de concurrence sur des aires géographiques différentes.


Cette synthèse sera publiée prochainement avec le soutien du Musée du Louvre et de la Réunion des Musées Nationaux.

Mots-clefs

Céramique islamique - production - commerce - Byzance