UMR 7298 • UNIVERSITÉ D'AIX-MARSEILLE • CNRS
LABORATOIRE D'ARCHÉOLOGIE MÉDIÉVALE ET MODERNE EN MÉDITERRANÉE
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Enquêtes ethnoarchéologiques « cuire les pierres en Méditerranée »

Tunisie (Kairouan, Zaghouan)

L’artisanat de la chaux est présent, de nos jours, dans tous les pays des rives de la Méditerranée. Dans certaines contrées, cette activité de production est même encore très active, ce qui a permis d’ouvrir plusieurs zones d’études à des fins ethnoarchéologiques. Plusieurs campagnes d’enquêtes ont été organisées depuis 2008 en Tunisie, dont les résultats sont venus alimenter les problématiques d’histoire et d’archéologie des techniques, liées à la production de la chaux. Ces travaux ont également pour ambition la réalisation de divers films documentaires.

 

En Tunisie, de nombreux quartiers de chaufourniers sont recensés. Les plus importants se situent actuellement dans la vallée d’Aïn Lansarine au pied du Djebel Zaghouan (gouvernorat de Zaghouan), à Kairouan, ainsi que dans les villes du sud de Gafsa et Tozeur, et autour de Djerba. Autrefois, la Tunisie possédait beaucoup plus de chaufours. Beaucoup sont abandonnés aujourd’hui, comme autour de Mahdia, au Kef, dans le Djebel Matmata, ou encore à Tunis même.

 

Les missions organisées ont concerné les secteurs d’Aïn Lansarine et de Kairouan. A Aïn Lansarine, ce sont près de 60 fours qui fonctionnent actuellement. Chaque four y est en partie creusé dans le sol, et les parois sont bâties en moellons. Ce sont des fours à gueule basse et unique, munis d’une banquette servant à soutenir la voûte en encorbellement. Cette dernière, qui fait en quelque sorte office de sole, et rebâtie à chaque cuisson avec des pierres calcaires posées en encorbellement sans cintrage, et soutenant le reste de la charge. L’intérêt majeur du site repose dans la possibilité d’observer les différentes étapes de la conduite de la cuisson, mais surtout d’approfondir les questions liées à l’acquisition et la préparation des matières premières géologiques, dont les pierres à chaux qu’il faut extraire puis concasser, et les matériaux utiles à la construction des parties permanentes des chaufours.

 

A Kairouan, le procédé est très différent. Dans de grands fours à sole permanente, les artisans cuisent deux types de chaux (l’une hydraulique, l’autre aérienne) et des charges de briques ou de carreaux. Cette cuisson mixte implique de nombreuses étapes de préparation (fourniture des matériaux, préparation des pierres, fabrication des briques…), ainsi que des tours de main complexes au cours de la cuisson. Ces derniers sont adaptés aux feuilles de romarin séchées, récupérées auprès des distillateurs d’huile essentielle du Djebel Oueslat, et qui servent à alimenter le feu.

 

Partenaires

Aix-Marseille Université (Service des relations internationales)
Institut National du Patrimoine de Tunisie
Institut National des Sciences de l’Archéologie et du Patrimoine du Maroc

Mots-clefs

Fours à chaux, briques, Maghreb, Tunisie, ethnoarchéologie