UMR 7298 • UNIVERSITÉ D'AIX-MARSEILLE • CNRS
LABORATOIRE D'ARCHÉOLOGIE MÉDIÉVALE ET MODERNE EN MÉDITERRANÉE
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Petite Poterie : Fouille de la Poterie Dalençon (Martinique - Le Marin)

La première campagne de fouille de la poterie Dalençon à Petite Poterie au Marin a débuté le 25 novembre 2012 pour une durée de trois semaines. Soutenue par la DRAC Martinique, le Conservatoire du Littoral, le Laboratoire d’archéologie médiévale et moderne en Méditerranée (AMU/CNRS) et Arkaeos, l’opération s’inscrit dans le cadre du programme collectif de recherche interrégional dirigé par H. Amouric, directeur de recherche au CNRS (directeur du LA3M) et intitulé «Poteries des îles françaises de l’Amérique, productions locales et importées XVIIe–XIXe siècles».

 

Cette opération programmée sur deux campagnes est motivée par la présence sur le site, de vestiges liés à la poterie Dalençon, signalée à la fin du XVIIIe siècle par la carte de Moreau du Temple. Elle doit permettre, sur la partie nord du terrain jusqu’à la ravine « Grand Jean » au sud, de mettre en évidence les structures de plusieurs bâtiments et dépotoirs liés à l’activité de la poterie. La campagne de 2012 a eu comme objectif principal la fouille et l’étude d’un imposant four de potier composé de deux foyers munis de portes, surmontés de deux séries d’arcs qui formaient la sole. Un autre secteur de fouille a toutefois été ouvert sur la partie orientale d’un grand bâtiment rectangulaire que nous supposons être l’atelier de la poterie. La fouille devrait se poursuivre en 2013.

 

Le four de potier

 

Le bâtiment présente un plan rectangulaire, large de 7,80 m et long de 8,40 m. Il est formé de quatre murs d’une épaisseur de 1,70 m pour les murs nord-ouest, nord-est et sud-est et de 1,61 pour le mur sud-ouest. Ce dernier est percé par deux ouvertures à ébrasement interne. L’intérieur muni d’un dallage de pierres est séparé par un mur axial. Le sol du bâtiment est surélevé par rapport au niveau de sol extérieur de 80 cm.

 

Suivant la restitution graphique des arcs couvrant les foyers, les intrados culminent à 1, 35 m au dessus du sol des foyers. Leur extrados est horizontal et constitue la sole. La chambre de cuisson se développait à peu près sur le même plan (environ 5 m de large et 4,5 m de profondeur) avec une haute porte d’accès que l’on pourrait situer au centre de la façade nord-ouest auquel on accède à l’aide d’une maçonnerie qui sera mieux définie l’an prochain. Le voûtement de la chambre de cuisson devait présenter un axe nord-est/sud-Ouest. Une couverture en bâtière bordée par deux replats, observée sur le four récent de la poterie Boisset (poterie voisine), est à restituer. Des cheminées percées dans cette voûte terminaient probablement l’ensemble.

 

La fouille du four ne permet pas de déterminer précisément les productions de l’atelier à l’exception des petites formes, dont quelques fragments ont été retrouvés dans les interstices du dallage. Le four a semble-t-il été nettoyé au moment de son abandon. La présence de nombreux tessons de «potiches», de carreaux et de tuiles-écaille, trouvés dans les remblais comblant l’intérieur du four, peut indiquer leur production sur place en plus des petites formes attestées archéologiquement. L’absence de charbons interdit une datation par le radiocarbone. La seule possibilité qui subsiste serait de procéder à une datation par la thermoluminescence et l’archéomagnétisme. L’étude de la céramique (A. Cloarec) issue du comblement du four donne un cadre chronologique encore large, allant du XVIIIe siècle à la première moitié du XIXe siècle.

Équipe de recherche

Elisa Bailly, Anne Cloarec, Clément Denizeau, Laurent Maggiori

 

Voir aussi : Le carnet de recherche "Mission archéologique Petite Poterie en Martinique"

 

Mots-clefs

Martinique - Le Marin - Dalençon - atelier de potier - four de potier - poterie - fouille