UMR 7298 • UNIVERSITÉ D'AIX-MARSEILLE • CNRS
LABORATOIRE D'ARCHÉOLOGIE MÉDIÉVALE ET MODERNE EN MÉDITERRANÉE
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Les poteries de l’île de la Martinique

prospection-inventaire 2012

Ile de l’archipel des Petites Antilles, la Martinique se situe entre l’île de la Dominique au Nord et l’île de Sainte-Lucie au Sud. Longue de près de 60 km pour une largeur maximale de 20 km, l’île s’étend sur une superficie de 1100 km2.

 

Notre thème de recherche s’inscrit dans l’histoire de la colonisation de l’île par les français à partir de 1635 menés par Pierre Belain d’Esnambuc et son développement économique progressif. D’abord tournée vers le tabac, l’économie de l’île s’oriente à partir de la 2e moitié du XVIIe siècle vers la production de la canne à sucre : le premier moulin à sucre réalisé par Daniel Trézel est opérationnel dès 1640. Si la Martinique importe depuis la métropole l’essentiel de ses besoins en produits manufacturés, comme la poterie et particulièrement les formes à sucre au cours des premières décennies de la colonisation, le développement économique de l’île engendra l’installation de plusieurs ateliers de potiers liés semblent-ils aux habitations sucrières. Selon la carte de Moreau du Temple de 1770, l’île en compterait, à cette date, 23.

 

Cadre de la recherche

 

La prospection archéologique que nous réalisons en Martinique s’inscrit dans le cadre plus général du programme collectif de recherche interrégional dirigé par Henri Amouric et intitulé « Poteries des îles françaises de l’Amérique, productions locales et importées XVIIe–XIXe siècle ». L’un de ses objectifs consiste à étudier les conditions matérielles de la production régionale des îles caraïbes grâce à l’étude du bâti, à la fouille archéologique et à l’étude des sources historiques (Amouric 2011).
Les questions liées à cette activité économique sont multiples et touchent aussi bien la chronologie des sites, la technologie ou les technologies employées par les « industriels » que la production céramique sortant des ateliers.

 

Problématique de la mission

 

Nos connaissances sur l’activité potière en général et les sites de production en particulier sont lacunaires. Un premier repertoire a été réalisé en 1997, dans le cadre d’un travail d’inventaire sur le sujet (England 1997). Ce premier travail d’inventaire qui a permi de répertorier 24 poteries demandait toutefois à être d’une part complété, et d’autre part approfondi. Sa réactualisation a pris la forme d’une première prospection de terrain réalisée en février 2012.

 

L’inventaire

 

Six poteries sélectionnées au préalable sur des critères essentiellement lies à leur conservation  ont été visitées.

A l’issue de ce premier travail, deux sites ont d’ores et déjà attiré notre attention avec le site de Petite Poterie au Marin (Poterie Dalançon) que nous devrions fouiller prochainement (novembre 2012) : il s’agit de la poterie De Mil du Morne Cabrit (Le Lamentin) et de la poterie Boisset à la Pointe Borgnesse (Le Marin). Ces deux sites réunissent tous les critères et conditions favorables à la programmation d’une étude plus approfondie : bonne conservation des vestiges (fours et bâtiments en élévation), facilité d’accès et gestion publique des sites. La poursuite de ces travaux envisagée en 2013 devront permettre d’amplifier nos connaissances sur les poteries  de l’ile que ce soit sur un plan technique (modèle de four, organisation spaciale des poteries)  ou sur celui de leur production (typologie des formes produites).
Mots-clefs

Martinique - prospection - inventaire - atelier de potier - four de potier