UMR 7298 • UNIVERSITÉ D'AIX-MARSEILLE • CNRS
LABORATOIRE D'ARCHÉOLOGIE MÉDIÉVALE ET MODERNE EN MÉDITERRANÉE
Vous êtes ici : > Recherche > Axe 3 > Activités de Production : Programme 2 > Fouilles d'ateliers : La Martre

Le four de potier du Col de Siran, La Martre (Var)

opération programmée menée en partenariat avec le Centre Archéologique du Var

Découvert en 2001, le four de potier est implanté au nord-ouest du village de La Martre sur les pentes sud de la montagne de Péoumort, à l’embouchure du Col de Siran. Les traces de l’installation affleurent au sommet d’une berme, le long de la route départementale 52 en direction de Brenon.

 

Au terme de deux campagnes de fouilles, la totalité des niveaux de comblement du four, mis en évidence en 2009 a été fouillée. Le four a bien été abandonné avec sa production effondrée sur place. Il présente une forme ovoïde  longue de 2,30 m et large de 1,50 m. La chambre de chauffe orientée nord-ouest/sud-est a été creusée dans le substrat marneux. Son profil est très pentu, atteignant 70 cm de profondeur au niveau de l'alandier. La chambre est surmontée de trois paires d'arcs parallèles se développant de part et d'autre d'un muret central, montés en briques d'argile crue liées à la terre. Un autre arc (peut-être deux) surplombe l'extrémité nord-ouest de l'alandier. Un mur long de 2,30 m et large de 0,45 cm a été découvert à l'est du four à la perpendiculaire de la bouche : il pourrait appartenir à une construction se développant vers le sud, malheureusement détruite par le tracé de la route. Autre découverte à travers un sondage, celle d'un nouveau point de concentration de céramique à quelques mètres du four, au pied du petit mamelon bordant le site au nord-ouest du sondage principal. Les tessons à pâte kaolinithique étaient associés à un très court alignement de pierres et à une couche d'argile épurée assez épaisse.

 

L’ensemble du mobilier céramique recueilli dans les niveaux d’abandon du site appartient à une production locale en pâte kaolinitique. Il a donné lieu à une première étude préalable (Ollivier 2009) et dont l'étude complète confié à Guergana Guionova est en cours.

 

L’existence de l’atelier de La Martre dont la production est majoritairement culinaire semble s’inscrire dans une logique de diffusion assez restreinte. En outre, il a été possible, au cours d’une prospection, de pointer quatre sites d'extraction d'argile autour de l’installation potière dont l’exploitation pourrait être ancienne et donc avoir été utilisés par notre potier.

 

Les analyses spécifiques financées par l’Etat (SRA-DRAC de PACA) en cours de réalisation, nous permettrons d'une part, grâce à l'archéomagnétisme, de préciser la date de fonctionnement du four. Dans cette optique, 20 échantillons prélevés par Jacques Thiriot (LA3M/CNRS) selon un protocole bien précis ont été réunis et confié à Philippe Lanos (GéoScience Rennes). Et  d'autre part, les analyses chimiques par fluorescence réalisées sur des échantillons de céramique par Yona Waksman (MOM Archéométrie Lyon), comparés aux prélèvements d'argile effectués sur le terrain offriront une meilleur connaissance de cette production  kaolinitique jusqu'alors inconnue.

 

Les nouvelles découvertes effectuées cette année laissent supposer la présence soit  de structures annexes liées au four (atelier ?), soit d'un autre four qui pourront faire l'objet d'un nouveau programme de recherche dans les années à venir.

Mots-clefs

La Martre - fouille - atelier de potier - four de potier