UMR 7298 • UNIVERSITÉ D'AIX-MARSEILLE • CNRS
LABORATOIRE D'ARCHÉOLOGIE MÉDIÉVALE ET MODERNE EN MÉDITERRANÉE
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La poterie Fidelin de l’île de Terre-de-Bas (Guadeloupe - Les Saintes)

L’archipel des Iles Saintes regroupe un ensemble d’îles volcaniques situées dans l’Arc interne des petites Antilles, zone de convergence tectonique des plaques nord et sud américaines (à l’est), avec la plaque caraïbe (à l’ouest). L’île de Terre-de-Bas, située à une dizaine de kilomètres au sud-est de Basse-Terre, est la moins peuplée des deux îles habitées de l’archipel qui en compte sept. Son altitude culmine à près de 300 m au Morne Abymes. Le site de la Poterie, est installé au bord du rivage de la Grande Baie, offrant un mouillage particulièrement favorable, abrité par une excroissance terrestre nommée « cheval marin » qui se développe au sud du bourg de Grande Anse.

 

Une étude d'archives entreprise, dans les années 90, par deux érudits Denise et Henri Parisis, attribue la création de la Poterie de Terre-de-Bas vers 1760, soit à un certain Pierre Guichard ou à Jean-Pierre Fidelin, d'origine créole, qui l'exploite jusqu'en 1809, avant de la transmettre à ses descendants. La famille Fidelin possède de nombreuses terres sur les Iles Saintes ainsi qu'à Trois-Rivières, d'où ils sont originaires, et où ils ont acquis à Grande Anse l'une des plus anciennes, sinon la plus ancienne poterie industrielle de la Guadeloupe, mentionnée dès 1716. La poterie qui appartient encore aujourd'hui aux lointains descendants Fidelin a fait l'objet d'un classement au titre des Monuments Historiques en 1997. L’ouverture en 2008, du programme collectif de recherche interrégional dirigé par Henri Amouric et intitulé « Poteries des îles françaises de l’Amérique, productions locales et importées XVIIe–XIXe siècle », a inauguré sur le site, une nouvelle phase de recherches, à la suite de travaux conduits antérieurement par I. Gabriel et concrétisés par une exposition réalisée en 2008. Les trois premières missions menées par le LA3M entre 2008 et 2011, sous la direction de J. Thiriot, ont permis d’une part, de dresser le plan topographique général des 11 bâtiments recensés sur le site et d’entamer d’autre part, une étude de bâti qui s’est d’abord portée sur le plus grand bâtiment, identifié comme l’atelier-magasin de la poterie. En 2011, une nouvelle campagne de fouilles a été engagée, à l’intérieur de cet édifice, accompagnée d’un sondage profond plutôt orienté vers la thématique géomorphologique et climatique ; recherche de marqueurs des épisodes cycloniques. Le volet archéologique vise à s’attacher aux infrastructures de production proprement dites : fours et ateliers principalement, tandis que la céramique fabriquée, indissociable de la production locale du sucre (essentiel de la production), et la céramique importée sont étudiées par L. Vallauri et G. Guionova, aussi bien à travers le mobilier recueilli dans les fouilles que par l’étude des collections patrimoniales anciennes, conservées dans les musées et collections privées. Ce recensement s’effectue simultanément avec une recherche documentaire en archives, dirigée par H. Amouric.

 

La poterie de l'île de Terre-de-Bas se distingue par son ampleur et le nombre de bâtiments conservés, parmi lesquels on compte deux fours, un grand atelier, plusieurs citernes, un bâtiment circulaire peut-être dédié à la préparation de la terre, ainsi que plusieurs autres constructions non identifiées qui font de ce site le seul ensemble préservé de ce type en Guadeloupe. Pour l'heure, l'habitation principale associée à la fabrique et mentionnée dans les sources, n'a pas encore été localisée, mais elle pourrait aussi bien avoir disparu dans les deux cyclones particulièrement dévastateurs enregistrés en 1825 puis 1865, qui ont tous deux donné lieu à de nombreuses reconstructions des bâtiments de production.

 

L'intérêt de l'étude de ce site s'est vu renforcé en 2012 par la fouille conjointe des fours de la poterie Fidelin de Trois-Rivières d'une part, et par la fouille partielle du four de l'Anse-à-Dos, situé de l'autre côté de l'île d'autre part (J. Thiriot dir.). À l'intérieur du PCRI, elle illustre également le volet de prospection-inventaire des poteries de Guadeloupe qui devrait être inauguré en 2013, sous la direction de D. Ollivier.

Partenaires du projet

Région Guadeloupe, DRAC-Service Régional de l'Archéologie de Guadeloupe, Monuments Historiques , Association ARKAEOS

Mots-clefs

Guadeloupe - Les Saintes - Terre-de-Bas - Fidelin - atelier de potier - four de potier - poterie