UMR 7298 • UNIVERSITÉ D'AIX-MARSEILLE • CNRS
LABORATOIRE D'ARCHÉOLOGIE MÉDIÉVALE ET MODERNE EN MÉDITERRANÉE
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Les céramiques de Basse-Terre (Guadeloupe)

Ancienne école Jeanne-d’Arc- EPHAD

Dans le cadre du PCRI, le matériel du diagnostic (Inrap) et des fouilles conduites par Benoît Garros (HADES) en 2009-2010 dans le quartier Saint-François provient de fosses de rejets du quartier des Capucins, datées entre la fin du XVIIIe s. et le milieu du XIXe s. Les catégories identifiées à partir de 200 NMI donnent un aperçu des diverses productions utilisées sur un site de consommation.

 

Les terres vernissées en faible pourcentage regroupent des pots de chambre et cuvettes, et quelques vaisselles de la vallée de l’Huveaune, Aubagne et Saint-Zacharie. Ces pièces provençales font partie de l’instrumentum domestique, tout comme les marmites et poêlons en argile réfractaire de Vallauris. Les produits d’accompagnement, façonnés dans les ateliers voisins de Biot, concernent des jarres pour conserver l’eau, tout comme les vaisselles d’Albisola noires, communes mais attrayantes. S’y ajoutent des pots et jattes vernissés en vert du bordelais.

 

La poterie locale se réduit à des carafes, marmites et jattes des ateliers Fidelin, de Trois Rivières en Basse-Terre, ou des Saintes à Terre de Bas.
Le grès regroupe des goulots de bouteille ou de bonbonne et un encrier.

 

La faïence monochrome est bien représentée par une série de pots à pommade émaillés de toutes les couleurs sans doute provençaux. Sur un pot moutarde l’on reconnaît la formule de la Moutarde de Maille, Vinaigrier du Roi et les empereurs d’Autriche et de Russie à Paris. La vaisselle de Moustiers, Varages regroupe des assiettes à marli souligné d’une frise en bâtons brisés bleus ou jaune. Des filets bleus et ondes évoquent des productions normandes et des fragments peints en bleu de Delft. Un bénitier de chevet polychrome, à la crucifixion, provient de Nevers vers 1820.

 

La faïence brune et à cul noir de Rouen concerne des vaisselles culinaires et de table : pot couvercles, terrines, assiettes à bord chantourné. Les plats à marli de forme ovale sont soulignés de frises en croisillons pointés et feuillages brun et bleu avec un panier fleuri au centre.

 

La faïence fine constitue près de la moitié des objets identifiés. Le service de la région parisienne, Creil (Oise) et Montereau (Seine-et-Marne) fournit des éléments de datation avant 1840, date où les deux manufactures sont réunies. Le service anglais « creamware » du Staffordshire, associe des assiettes à marli, un pot, des vases, une théière, un sucrier saupoudreur et des chopes. Un autre « pearlware », au bord chantourné « shell edge »est peint en bleu ou vert. Les fragments de décors imprimés en transfert, floraux ou à la Chine, sont attribués aux fabriques du Staffordshire de Thomas Minton du début du XIXe s. Un fragment moulé de feuillages, en pâte grésée et glaçure colorée évoque les productions de Josiah Wedgwood tandis que des putti colorés et dorés en relief, celles de Jersey. Quelques fragments de pipe en terre blanche pourraient provenir de Hollande ou du Nord de la France.

 

La porcelaine blanche de la région parisienne, peu nombreuse, se limite à des assiettes, un vase, une Vierge Notre Dame de la Guadeloupe et une tête de poupée.

Collaborateur

Anne Cloarec

Mots-clefs

Céramique coloniale – XVIIIe-XXe siècles – Guadeloupe – Basse-Terre