UMR 7298 • UNIVERSITÉ D'AIX-MARSEILLE • CNRS
LABORATOIRE D'ARCHÉOLOGIE MÉDIÉVALE ET MODERNE EN MÉDITERRANÉE
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Archéologie du verre moderne et contemporain du Midi méditerranéen

Approches pluridisplinaires de l’économie du verre méridional du XVIe siècle au premier quart du XXe.

L’ensemble des actions et des projets de recherche, qui sont menées au sein du LA3M par Laurence Serra, docteur d’Aix-Marseille Université, s’intègrent dans l’Axe 3 de recherche du laboratoire LA3M – Laboratoire d’archéologie médiévale et moderne en Méditerranée - UMR 7298 (ex LAMM 6572) : Activités de production, mobilités et échanges : des hommes, des biens et des idées.

 

Cette étude transdisciplinaire, qui relève à la fois de l’archéologie, de l’histoire, de l’archéométrie, et de l’économie s’attache à souligner le rôle majeur joué par le verre et en particulier le verre d’emballage, en Provence et en Languedoc, sur une période qui s’étend du XVIe au premier quart du XXe siècle, dans un contexte d’échanges maritimes avec le bassin Méditerranéen, les Iles françaises de l’Amérique, le Canada du « Régime français », mais aussi les comptoirs des Indes orientales et ceux d’Afrique.

 

Le verre pour transporter et conserver les marchandises provençales

 

L’économie du verre dans le Midi français s’inscrit d’une part dans une dynamique européenne et d’autre part dans une singularité méridionale, c’est-à-dire une économie principalement fondée sur la transformation de produits agro-alimentaires locaux ou importés, ainsi que sur une vocation maritime facilitée par le rayonnement du port de Marseille pour la Provence ou celui de Sète pour le Languedoc.

 

Même si les verreries méridionales fabriquent toutes sortes de verre (vaisselle de table, luminaires, objets de cultes, verre à vitre), elles se spécialisent dès le XVIIe siècle vers une production des emballages.

 

Depuis l’Antiquité jusqu’à nos jours, les vins fins, huiles surfines, médecines et parfums sont protégés et mis en valeur par leur emballage en verre. Il est le matériau idéal car il possède toutes les qualités physiques et chimiques de contenants fonctionnels et peut acquérir une charge esthétique qui valorise certains de ses contenus (parfums, liqueurs, vins, pommades). Même si certaines épaves antiques comme Saint-Gervais3, dans le golfe de Fos, ou Camarat3 dans le département du Var, constituent des rares témoignage d’un probable commerce de marchandises liquides transportées dans du verre à l’époque romaine, ce n’est réellement qu’à l’époque moderne que le verre devient en Europe, le mode d’emballage principal de l’agro-alimentaire de qualité. L’emploi du verre à grande échelle est possible à cette époque grâce à l’action conjuguée de deux facteurs : il est produit dans des verreries équipées de nouveaux fours alimentés au charbon et il bénéficie de l’ouverture vers de nouveaux marchés, facilités par la conquête de nouveaux espaces maritimes.

 

Influencées par l’exemple des autres régions, françaises et européennes, les verreries provençales et languedociennes connaissent une métamorphose notable qui conduit à l’abandon progressif des ateliers forestiers au profit d’une implantation portuaire ou minière.

 

Si les limites géographiques de cette recherche se bornent, pour ce qui touche au contexte de production, aux nombreuses fabriques du Midi méditerranéen, elles s’étendent au rayonnement mondial du port de Marseille dans un contexte d’import-export concurrentiel très ouvert.

 

Cette recherche, renforcée par les études récentes d’épaves à bouteilles et du verre présent des les dépotoirs portuaires, témoigne de la diversité des productions provençales, en lien avec l’industrie agro-alimentaire – huiles, vins, condiments, salaisons, médecines, drogueries et parfums. En Provence, pas de grand cru, mais les contenants sont plus variés qu’à Bordeaux qui n’a que le vin.

Mots-clefs

Méditerranée - XVIe-XXe siècles - verre - emballage