UMR 7298 • UNIVERSITÉ D'AIX-MARSEILLE • CNRS
LABORATOIRE D'ARCHÉOLOGIE MÉDIÉVALE ET MODERNE EN MÉDITERRANÉE
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Le verre du dépotoir de la Rade de Saint Pierre (Martinique)

2010-2012 - Période moderne - Martinique

Les opérations de sondages et de fouilles archéologiques sous-marines dans la rade de Saint-Pierre sont mises en œuvre depuis 2010 par Arkaeos en étroite collaboration avec le DRASSM (Département des Recherches Archéologiques Subaquatiques et Sous-marines) et la DRAC Martinique (Direction Régionale des Affaires Culturelles). Elles sont programmées dans le cadre du PCRI Poteries des îles, locales ou importées dirigé par Henri Amouric. Ces opérations consistent à identifier une zone de mouillage riche en mobiliers, principalement céramiques et verres, importés ou de fabrication locale, qui témoignent de l’histoire des échanges maritimes de Saint-Pierre avec les ports d’Europe durant trois siècles (XVIIe, XVIIIe, XIXe s.). Il ne semble pas qu’il s’agisse d’épaves mais plutôt d’un dépotoir portuaire où les accumulations seraient le résultat de rejets liés à l’activité marchande, à la vie au mouillage, mais aussi la conséquence de plusieurs ouragans et, en dernier lieu, de l’éruption volcanique de 1902.

 

Sur le plan historique, ces découvertes intéressent directement la connaissance des cultures matérielles des colonies françaises d’Amérique et en particulier celle des petites Antilles. A travers ce programme de recherche sous-marine, se développent des problématiques et des perspectives archéologiques nouvelles concernant ces régions d’Amérique où, du moins pour la période coloniale moderne, aucune équipe de recherche métropolitaine ne s’est investie jusqu’au programme récemment mis en place par l’équipe du LA3M auquel l’opération Rade de Saint-Pierre est intégrée.

 

A l’issu de ces trois années de sondages, l’étude du verre suscite l’intérêt à plusieurs titres. Tout d’abord, le verre, marchandise mais surtout conteneur, représente le matériau le plus présent dans le dépôt archéologique derrière la céramique. Il n’est pas surprenant que les emballages soient présents en si grand nombre car le verre est le matériau idéal pour conserver, bonifier et transporter les liquides de qualité, apprécié soi pour son aspect fonctionnel (sa forme s’adapte au fil du temps aux exigences des modes de transport), soit pour son aspect esthétique (qui met en valeur son contenu ou le protège).

 

Depuis le XVIIe siècle, le verre voyage dans les cargaisons des compagnies maritimes hollandaises, anglaises, puis françaises et ce faisant il témoigne, par la diversité de ses provenances, de la vitalité du port de Saint-Pierre, de la concurrence entre les ports français et du commerce interlope.

 

La découverte de bouteilles dans le dépotoir de Saint-Pierre a pour avantage de dater avec beaucoup de précision les niveaux stratigraphiques successifs. En effet, les bouteilles à vin anglaises, par exemple, subissent des transformations importantes dans leurs formes et leurs dimensions, ce qui leurs confèrent une capacité à dater les contextes archéologiques de dix à vingt ans près. Les verres étudiés, dans l’état actuel de la recherche, se situent dans un arc chronologique qui s'étend entre 1780 et 1860.

 

L’étude archéologique est complétée par celle des sources écrites : statistiques portuaires des Archives Nationales (AN/C8/B18-27), Archives départementales de la Martinique et de la Provence (AD3K1 ; AD13/C22-23), histoire du commerce de Marseille, fonds commerciaux de la Chambre de commerce de Marseille (ACCM/Fonds Roux/LIX)


Mots-clefs

Méditerranée - XVIe-XXe siècles - verre - emballage