UMR 7298 • UNIVERSITÉ D'AIX-MARSEILLE • CNRS
LABORATOIRE D'ARCHÉOLOGIE MÉDIÉVALE ET MODERNE EN MÉDITERRANÉE
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Le pont d’Avignon

Le pont d’Avignon, l’un des monuments les plus visités de la France, reste un édifice énigmatique, dont l’histoire monumentale, urbanistique et paléoenvironnementale est largement inconnue, et controversée. Si de nombreuses images anciennes attestent sa déchéance à l’époque moderne, ses phases de construction et de transformation sont difficiles à appréhender, à partir d’indices souvent indirects. En effet, la datation au radiocarbone des bois de construction issus de la destruction des derniers vestiges des piliers dans le bras de Villeneuve, entreprise au milieu du XXe siècle pour sécuriser la navigation fluviale, situe la construction d’un hypothétique ouvrage antérieur dans une période tardive de l’antiquité romaine, et dans un contexte improbable pour la réalisation et l’entretien d’un ouvrage aussi audacieux qu’onéreux. Et la naissance de deux arches antérieures à celles du pont actuel à la base de la pile de la chapelle romane, incompatible avec la présence du petit édifice religieux, dessine une cadence d’arcs beaucoup plus élevés qui posent la question du projet ou de l’existence réelle d’un pont monumental à une époque antérieure indéterminée. L’étude archéologique démontre que les transformations de la chapelle attestent, quant à elles, une adaptation progressive à un pont en constante évolution, dont les phases précoces restent elles aussi énigmatiques.

 

Aussi, le contexte historique, environnemental et constructif exige-t-il une approche pluridisciplinaire, seule réponse possible à toute tentative de restitution du pont. Inauguré en 2011, le projet ANR Pavage réunit quatre équipes d’historiens, d’archéologues du bâti, de géomorphologues et de spécialistes de l’imagerie 3D numérique autour d’un des sujets les plus complexes, difficiles et passionnants dans ce domaine, riche en questionnements, et fertiles en réponses nouvelles. Ainsi, les résultats des prospections bathymétriques comme des sondages et datations sédimentologiques suggèrent l’âge post-antique des dépôts sur lesquels reposaient les maçonneries naguère attribuées à la période romaine à partir des datations des bois d’œuvre extraits des vestiges. Et l’approche archéologique des  états du pont médiéval ne saurait être dissociée de l’étude du contexte historique et paléo-urbanistique, qui implique un regard approfondi sur les quartiers limitrophes sur les deux rives.

Mots-clefs

Archéologie, Archéologie du bâti, archéologie monumentale, construction médiévale, Avignon, pont