UMR 7298 • UNIVERSITÉ D'AIX-MARSEILLE • CNRS
LABORATOIRE D'ARCHÉOLOGIE MÉDIÉVALE ET MODERNE EN MÉDITERRANÉE

 

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Les fortifications ottomanes du littoral gréco-turcs, de 1451 à 1566

Au XIVe siècle, la Méditerranée orientale est en plein bouleversement. Les guerres de succession et la conquête mongole entrainent l’affaiblissement de la dynastie des Seljukides de Rhum qui, ne parvenant pas à faire face à ces évènements, permet l’émergence d’un nouveau beylik instauré par Osman Ier. Ce dernier jette les bases d’un état gazi fondé sur la conquête militaire, puis entre d’agrandir son territoire.

L’extension de cette nouvelle puissance est fulgurante si bien qu’en 1412, les ottomans ont pris le contrôle de l’Anatolie, et le centre balkanique. En février 1451 Mehmet II monte sur le trône et, après avoir stabilisé les frontières occidentales, fait restaurer en 1452 la forteresse de Bogazkesen (auj. Rumeli Hisari) pour verrouiller le Bosphore et prépare le siège de Constantinople.

 

Fort de 31 galères et de canons d’un calibre exceptionnel, il s’empare de la ville de 29 mai 1453 et met fin à l’Empire byzantin, Constantinople est alors renommé Istanbul et devint la capitale de l’Empire ottoman. Mehmet finit la conquête de la Morée en 1460, la quasi-totalité des rives de la Mer Noire en 1475 et les Balkans en 1480.

À sa mort, son successeur, Bajazed II, monte sur le trône et règne sans agrandir le territoire. Les conquêtes reprennent sous Selim Ier qui s’empare successivement, après avoir unifié l’Anatolie, de la Syrie et du Liban en 1516, ainsi que de l’Egypte en 1517, et impose une domination partielle sur les actuelles Algérie et Tunisie. À sa mort, il lègue à son fils Soliman un empire en expansion qui s’étend sur l’Europe, l’Asie Mineur et l’Afrique.


Cette extension s’explique avant tout par l’utilisation de la cavalerie, d’une puissante marine et de la maîtrise d’une nouvelle technologie de guerre : l’artillerie. Cette dernière pousse les ingénieurs et architectes militaires à adapter les fortifications à l’usage des armes à poudres, aussi bien dans l’architecture militaire, qu’urbaine ou portuaire.

Dans ce contexte les fortifications construites au courant du XVe et du XVIe siècle sont un véritable laboratoire en matière de poliorcétique, d’expérimentations architecturales présentant des organisations et des formes variées qui semblent attester d’une véritable recherche en matière d’efficacité défensive et militaire, qu’elles soient des constructions ex nihilo ou le fruit de remaniement des structures préexistantes.

 

Opération de recherche effectuée dans le cadre d'une thèse.

  • Albert-Gabriel, 1932 Rumeli-hisar
Mots-clefs

Archéologie ottomane, XVe – XVIe s., Architecture militaire, Fortification ottomane, Fortification côtière, Castellologie, Artillerie, Marine.