UMR 7298 • UNIVERSITÉ D'AIX-MARSEILLE • CNRS
LABORATOIRE D'ARCHÉOLOGIE MÉDIÉVALE ET MODERNE EN MÉDITERRANÉE

 

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Etude architecturale et photogrammétrie de Firozabad, Gulbarga district, Karnataka, Inde

Mission du 28/11/2014 au 08/12/2014

Située dans le district de Gulbarga (Karnataka), au bord de la rivière Bhima, la fortification de Firuzabad repose sur un sol de calcaire et de grès. Le site est bien conservé et son enceinte qui forme un carré de 1200 mètres² abrite de nombreux bâtiments. Bien que le site ne soit pas classé, la muraille et les bâtiments sont bien préservés. Le village actuel se situe au Nord-Ouest, seuls les champs cultivés dominent l’intérieur du fort et les vestiges.
Le site a longtemps été ignoré par les chercheurs et les autorités jusqu’à la publication de George Michell et Richard Eaton suite à une campagne de relevés d’une dizaine de jours en 1985. L’étude monographique nous donne une nouvelle approche et nous renseigne sur l’Histoire, l’urbanisme et l’Architecture du site.

 

Lors de la consolidation du sultanat Bahmani sous le règne de Firuz Shah (1397-1422) contre le royaume de Vijayanagar, Firuzabad est fondé en 1399, sur la route des nombreuses campagnes militaires de Firuz contre le Raja dans le Doab. C’est un camp militaire et un lieu de rassemblement des troupes. Etant donné le besoin énorme d’approvisionnement en eau pour les hommes, les éléphants et chevaux, nous notons la construction de plusieurs bavlis (réservoir) dans le site. Après 1415 (rupture entre Firuz Shah et Gizudaraz), Firuzabad devient une capitale de substitution et le lieu de résidence de la famille royale. A la suite de l’invasion du Deccan par le sultan du Malwa en 1461, le fort accueille Nizam al Din Ahmad III et le trésor royal. Puis le site perd peu à peu de l’importance, peut-être en raison d’un assèchement de la rivière, laissant la fortification dans un état du XVème siècle, en bon état aujourd’hui.

 

L’enceinte fortifiée, parfois conservée sur plus de quatre mètres d’élévation, note un léger fruit sur sa maçonnerie de blocs calcaires larges avec assemblage à joints secs. Les quatre types de tours (carré, en fer à cheval, semi-circulaire ou excentré) sont construites à intervalles réguliers le long de la muraille qui était surmontée d’un crénelage monolithique. Quelques exemples de bretèches capuchons sont visibles sur l’enceinte Est, placées sous le niveau de la courtine.

 

La fortification n’a jamais été terminée dans sa partie Sud-Ouest, étant donné que cette zone est plus basse et inondable par la rivière (une tour à eau médiévale se trouve sur la berge).

 

La couverture cartographique 3D a confirmée que le site était un camp militaire avec des baraquements temporaires plutôt que des habitations permanentes malgré les nombreux bâtiments d’usage publics couvrants l’intérieur de l’enceinte (grande mosquée, hammams, dargah). Le plan préétabli de la cité reflète une influence de l’urbanisme musulman des villes d’Iran et d’Asie centrale avec un axe principal Est-Ouest en relation avec la zone palatiale et la porte principale à l’Est. On retrouve cet axe à Bidar (1430), joignant le palais à la porte Sud.

 

L’utilisation importante de la chaux et du calcaire sur ce site en fait un objet d’étude rare de l’architecture du Deccan, avec un choix stylistique dans l’utilisation du basalte uniquement pour l’entourage des portes et ouvertures, le reste des maçonneries sont couvertes d’enduits à la chaux.

 

La mission dirigée par Nicolas Morelle, doctorant, et financée par l’entreprise Eveha International, la société Humi-stop, un crowdfunding (kisskissbankbank), Nicolas Faucherre (LA3M-CNRS) en coopération avec l’Institut d’Architecture Malik Sandal de Bijapur (Karnataka) et l’entreprise Nicopix avec la participation du photographe Nicolas Chorier, avec l’aimable autorisation du panchayat de Firozabad et le soutien de Nicolas Faucherre et de George Michell. La mission a formée deux étudiants Indiens de l’Institut Malik Sandal (Syed Ashad et Rais Shaikh) aux méthodes de relevés sur le patrimoine bâti indien et aux relevés par photo aérienne en vue de restitution cartographique et architecturale en photogrammétrie 3D. La mission nous permet d’établir des relevés précis de la fortification et d’un ensemble archéologique conséquent (1X1km) afin de faciliter l’étude du bâti pour établir la monographie du site (obtention des orthophotos, coupes et plans des tours, des portes et des murailles). Cette campagne de relevés s’inscrit dans un axe d’étude des forts Indiens initié par George Michell et permettra d’engendrer des projets futurs avec nos institutions partenaires en Inde et en France.

 

Partenaires

Malik Sandal Institute of Bijapur

Eveha International

Société Humi-Stop

Crowdfunding KisskissBankbank

 

Mots-clefs

Photogrammétrie - 3D - fortification - Inde - Firozabad - architecture - Bahmani - urbanisme