UMR 7298 • UNIVERSITÉ D'AIX-MARSEILLE • CNRS
LABORATOIRE D'ARCHÉOLOGIE MÉDIÉVALE ET MODERNE EN MÉDITERRANÉE

 

Vous êtes ici : > Recherche > Axe 2 > Programme 2 > Fort de Buoux

Programme d'étude et de restauration du fort de Buoux (84)

Le Fort de Buoux (classé au titre des MH en 1986) fait l’objet d’un programme d’étude et de restauration entamé en 2007. Initié par la petite commune qui compte 130 habitants, le programme est soutenu  par la DRAC/PACA. Les études préalables aux travaux, confiés à Didier Repellin (ACMH), font l’objet de missions régulières faisant intervenir les spécialistes du LA3M. Depuis 2012, la commune bénéficie de la collaboration d’un groupe de Légionnaires du 2e Régiment Etranger du Génie qui participent, dans le cadre d’une convention de formation, aux gros travaux de remise en état du site (nettoyages, déblaiements, remontage des restanques aux abords du Fort et purge des falaises).

 

Edifié sur le versant septentrional de la montagne du Luberon, et en bordure d’une voie traversant le massif, le Fort de Buoux exploite judicieusement un éperon rocheux défendu par de hautes falaises qui offre, naturellement, un mode de défense particulièrement efficace. Occupé de façon continue depuis le paléolithique moyen, le site fournit en nombre des artefacts qui mettent particulièrement en évidence les périodes du néolithique (moyen et final), ainsi que l’âge du bronze et la protohistoire. Avec quelques témoignages (fibules, monnaies de Trajan, Dalmatius), l’antiquité est également représentée pour une fonction du site de hauteur qui reste totalement énigmatique. La proximité de l’ancienne agglomération de Saint-Germain, dotée de son église prospectée au XIXe siècle et d’une nécropole rupestre, explique la quantité importante de céramique de l’antiquité tardive extraite des terres de remblais. Si l’on excepte les nombreux habitats et aménagements rupestres pouvant être vraisemblablement rattachés à cette phase d’occupation, aucune construction ne subsiste des occupations les plus anciennes.

 

L’ensemble des ruines désigne exclusivement les époques médiévale (XII/XIIIe siècle) et moderne (XVI/XVIIe siècle), le Fort étant édifié dans le courant du XIIIe siècle dans la version qui nous est parvenue et qui peut avoir succédé à une organisation plus ancienne. Cette hypothèse est soutenue par des détails architecturaux que conforte l’analyse de l’organisation de l’église qui révèle également des étapes de transformation ayant précédé une grande campagne de restauration réalisée au cours de la période gothique. Associée à un bourg contenant un groupe d’habitations semi rupestres, l’église, pourvue d’une chapelle latérale et d’une belle salle voûtée adossée, semble avoir détenu une double fonction paroissiale et castrale.

 

Les défenses médiévales, remarquablement adaptées à la topographie, occupent la partie haute de l’éperon défendu au sommet par une tour rectangulaire tenant lieu de donjon. L’espace est barré dans la progression par une série de murs transversaux doublés chacun d’un profond fossé creusé dans la roche. L’ensemble conserve une panoplie de détails caractéristiques (mise en œuvre des matériaux, portes surélevées dotées initialement de dispositif de franchissement amovible des fossés, tour-porche, archères et corps-de-garde, …) qui permettent d’attribuer une datation XIIIe. La réalisation la plus remarquable est toutefois apportée dans l’un des murs de barrage par une batterie de 40 hautes archères qui constitue un exemple rare. L’hypothèse de retrouver dans les défenses des inspirations proche-orientales constituent l’une des problématiques qui conduisent le programme.

 

Le projet de restauration de l’entrée du Fort a révélé, pour sa part, un ensemble militaire attribuable à la période des guerres de religion. L’espace, défendu par un rempart et une tour ronde, conserve, sous la végétation et les déblais de démolition, une série de corps-de-garde arasés. Bien identifiables par les techniques de construction ainsi que par plusieurs ouvertures de type bouche-à-feu, les constructions ont révélé la conservation, rare sur le site, de contextes archéologiques en place. Grâce à un abondant mobilier céramique (productions culinaires et vaisselle de table des XVI et XVIIe siècle, mais également des faïences résiduelles du XIVe siècle), les recherches dévoilent des productions originales dont l’origine aptésienne est fortement présumée. Cette opportunité offre l’occasion de réactiver un axe de recherche complémentaire insoupçonné, la céramique d’Apt, mentionnée seulement par les textes, étant méconnue avant le XVIIIe siècle.

  • Fort de Buoux
Mots-clefs

Archéologie, Archéologie du bâti, archéologie monumentale, restauration, construction médiévale, fortification, château, Buoux