UMR 7298 • UNIVERSITÉ D'AIX-MARSEILLE • CNRS
LABORATOIRE D'ARCHÉOLOGIE MÉDIÉVALE ET MODERNE EN MÉDITERRANÉE
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Les sépultures médiévales en Corse (Ve-XVe siècles)

 

La découverte de sépultures au sein d'ensembles médiévaux est aujourd'hui chose bien connue. Bien que ces dernières aient été longtemps considérées seulement pour le mobilier qu'elles contenaient, les méthodes de l'archéo-thanatologie ou de l'anthropologie dite "de terrain", développées dans les années 80, ont permis de recentrer le discours sur le corps et la tombe, et ce de manière à appréhender non seulement l'organisation des espaces funéraires mais aussi les modes de vie des populations. La connaissance des pratiques funéraires médiévales s'en est considérablement enrichie. Cependant, les études restent inégales selon les régions.

 

A ce titre, la Corse fait figure de "parent pauvre". Notre projet se propose de pallier à ce constat par une analyse archéo-anthropologique des phénomènes relatifs à la sépulture, aux lieux d’inhumation et aux modes de gestion de l’espace funéraire au cours du Moyen Age en Corse. En effet, les récentes découvertes, générées à la fois par la multiplication des opérations de fouilles programmées et par l’expansion de l’archéologie préventive, ainsi que l’amélioration des techniques de datation, offre désormais la possibilité de synthétiser les résultats. Il s'agit ainsi, par le biais d’une approche pluridisciplinaire, à la fois historique, archéologique et anthropologique, d'étudier la genèse de trois cimetières médiévaux, caractérisés par une longue durée d'utilisation et une diversité des types de sépultures, de trois évêchés corses : Ajaccio, Mariana et Sagone.

 

Cette recherche s’intègre au sein d’une réflexion générale sur le thème des groupes épiscopaux insulaires depuis leurs origines jusqu’à leur transfert au cours du XVIe siècle (Programme de recherche dirigé par Daniel Istria, LA3M). L’objectif principal sera de déterminer l’évolution des pratiques funéraires en Corse, des débuts de la christianisation jusqu’à la fin du Moyen-Âge, à travers une lecture sociale de celles-ci, et par là même d’approcher le phénomène culturel dans sa globalité, ses changements et ses évolutions au cours du temps, ainsi que les liens qu’entretenaient ces ensembles funéraires avec les édifices de culte, l’habitat et le peuplement. Il s’agira de mettre en évidence les spécificités relatives à chaque période et à chaque site et de les replacer dans le contexte plus général du bassin méditerranéen occidental (Sardaigne, sud-est de la France, Italie, Afrique du nord) afin d’en souligner d’éventuelles influences culturelles et/ou spécificités locales. Ainsi, seront effectuées des comparaisons diachroniques des pratiques funéraires, soulignant les évolutions, tant au niveau typologique que topographique, existant au sein de ces cimetières (variations des modes d’inhumations selon l’âge, le sexe…) couplées à des analyses biologiques des squelettes dans le but de caractériser la population inhumée, l'éventuelle reconnaissance de groupes familiaux et/ou sociaux ainsi que l’état sanitaire de ces populations.

 

Plus largement, c’est une meilleure compréhension du système de gestion des défunts et du rapport à la mort dans le milieu insulaire qui guidera cette recherche.

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Opération de recherche effectuée dans le cadre d'une thèse.

Mots-clefs

Archéo-anthropologie, cimetière - inhumations - pratiques funéraires - christianisation - Moyen-Âge - Corse - Méditerranée