UMR 7298 • UNIVERSITÉ D'AIX-MARSEILLE • CNRS
LABORATOIRE D'ARCHÉOLOGIE MÉDIÉVALE ET MODERNE EN MÉDITERRANÉE

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Offrandes florales, embaumements et paysages funéraires

une application originale de la palynologie à l’archéologie du cimetière médiéval (France-Italie)

 

La vocation première de la palynologie réside dans la reconstitution des paléoenvironnements à partir de carrotages en milieux lacustres ou en tourbières. À partir des années 1950 et sous l’impulsion d’Arlette Leroi-Gourhan, des protocoles d’application originaux sont imaginés afin de mettre la discipline au service de l’étude des sites archéologiques en identifiant des aménagements végétaux invisibles à l’œil nu. On appelle « archéopalynologie » cette branche nouvelle de la palynologie. Elle est caractérisée pour la première fois en archéologie funéraire lors de l’étude de la sépulture néanderthalienne de Shanidar (Irak) pour laquelle un lit de fleurs colorées est identifié. Par la suite, d’autres offrandes florales sont décelées dans des sépultures de toute époques, ce fut notamment le cas dans les sarcophages médiévaux de l’abbaye de Saint-Victor à Marseille. Malgré la qualité et la richesse de ces résultats, l’application de la palynologie à l’archéologie est encore aujourd’hui considérée comme marginale, d’autant plus en archéologie médiévale pour laquelle les méthodes relevant de la bioarchéologie ne sont que rarement sollicitées. C’est ainsi qu’à l’heure actuelle, nos connaissances sur les rituels funéraires chrétiens faisant intervenir des végétaux ne se limitent qu’à quelques résultats d’analyses isolés.

 

Ce projet propose pour la première fois d’effectuer la synthèse exhaustive des mentions archéologiques de restes végétaux de diverses natures (pollen, macrorestes, charbons, phytolithes…). Celles-ci sont mises au regard des informations obtenues par l’étude des textes et de l’iconographie. D’autre part, il convient de mettre en place un véritable protocole permettant d’étudier de grands ensembles funéraires par l’analyse pollinique alors que les analyses précédentes se sont toujours restreintes à quelques sépultures privilégiées et isolées. Celui-ci est actuellement en cours de développement sur plusieurs sites funéraires en cours de fouille en Provence et en Toscane (Italie).

 

L’embaumement, en tant que pratique funéraire utilisant de nombreux végétaux, constitue le second axe de ce programme. L’autopsie de corps embaumés, et les analyses bioarchéologiques associées, livrent des données qui peuvent être comparées avec l’important corpus de recettes d’embaumeurs que nous connaissons déjà. Elles viennent enrichir les récents travaux d’anthropologues français et italiens réunis autour de cette problématique nouvelle.

 

Ce projet propose la corrélation de données polliniques, archéologiques, historiques, anthropologiques et iconographiques au service d’une problématique ethnobotanique originale et novatrice. L’étude conjointe des offrandes végétales et des embaumements permettra d’enrichir nos connaissances sur la réalité des rites funéraires médiévaux, ou même encore en histoire de la médecine.

 

Opération de recherche effectuée dans le cadre d'une thèse.

Mots-clefs

palynologie - embaumement - Pratiques funéraires - Moyen Âge