UMR 7298 • UNIVERSITÉ D'AIX-MARSEILLE • CNRS
LABORATOIRE D'ARCHÉOLOGIE MÉDIÉVALE ET MODERNE EN MÉDITERRANÉE

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Cimetière claustral de Saint-Gilles du Gard

La fouille de l’ancien cloître de l’abbaye de Saint-Gilles-du-Gard, réalisée dans le cadre du projet de recherche franco-allemand AEGIDIANA, a livré un large échantillon du cimetière claustral, dont l’évolution reflète l’essor et la déchéance du monastère, qui conduisit à l’abandon de la vie régulière avec la transformation en collégiale en 1538, puis à la destruction et récupération complète des galeries romanes, sans doute déjà ruinées, vers la fin du XVIIIe siècle.

 

La séquence stratigraphique, la typochronologie des tombes, leur relation avec le bâti et les datations au radiocarbone s’accordent à confirmer une installation du cimetière à l’époque de la construction des galeries du cloître, à partir du début du XIIe siècle. Une première série de tombes à coffrage atteste la disponibilité de pierres de construction - pierres de parement en moyen appareil et moellons de grande taille – à une époque d’intenses activités constructives sur le site. Les coffrages, soigneusement construits et en partie liés à la chaux, sont disposés sous la forme d’une succession dense de rangées parallèles aux murs-bahut des galeries nord et sud. Des inhumations secondaires, des réductions de corps et des sépultures coupées ou recouvertes par de nouveaux coffrages installées sur le même axe supposent un marquage des tombes en surface. Dès le départ, la présence des deux sexes atteste l’accès d’une élite non-monastique à cet espace funéraire privilégié, qui dut être marqué par la présence de sépultures monumentales, auxquelles pourraient avoir appartenu des fragments de sculpture identifiés dans les remblais de la démolition moderne. Le fragment d’une épitaphe abbatiale du XIIIe siècle issu des fouilles s’ajoute aux épitaphes du XIIe siècle gravées dans des blocs du socle de l’église inférieure et dans les murs sud et ouest du cloître.

 

L’étude anthropologique, qui se poursuit dans le cadre d’un travail universitaire, permettra d’affiner la caractérisation d’un échantillon de la population locale du XIIe au XVIIe siècle, époque probable de l’abandon des inhumations dans ce secteur occupé depuis la sécularisation par une population laïque, image corroborée par la présence de concentrations de tombes d’enfant et féminines. En effet, la confrérie des Pénitents gris achète dès 1602 l’ancienne salle capitulaire pour édifier à sa place une chapelle privée.

 

L’absence de tombes antérieures dans ce secteur pose la question de l’évolution de l’espace monastique sur un emplacement qui connut, entre autres, une phase monumentale à l’époque carolingienne suivie d’un abandon et de l’installation d’une aire d’ensilage au Xe siècle. Les questions soulevées par la stratigraphie complexe appellent une reprise des fouilles, programmée en 2013 et en 2014, afin d’étendre les investigations archéologiques à l’intérieur des anciens bâtiments monastiques, notamment sur l’emplacement de la salle capitulaire, lieu probable de sépultures réservées à certains membres de la communauté monastique.

 

Mots-clefs

Saint-Gilles-du-Gard - Archéologie funéraire - cimetière