UMR 7298 • UNIVERSITÉ D'AIX-MARSEILLE • CNRS
LABORATOIRE D'ARCHÉOLOGIE MÉDIÉVALE ET MODERNE EN MÉDITERRANÉE
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Les sièges épiscopaux de Sardaigne

L’étude des sièges épiscopaux sardes a été initiée en 2008 à partir d’une relecture systématique de la documentation. Alors que depuis près de trente ans on s’accordait à rechercher les groupes épiscopaux paléochrétiens à l’intérieur du périmètre urbain et non plus dans le suburbium, l’analyse de la documentation réalisée à l’occasion du XIe Congrès International d’Archéologie Chrétienne, amena à conclure que les premières cathédrales de Sardaigne avaient été implantées de manière quasi systématique hors les murs de la ville. Ce schéma original, qui fait de l’île un cas bien singulier dans le paysage chrétien d’Occident, a profondément marqué l’historiographie contemporaine.

Le réexamen des données a conduit à revoir complètement cette conclusion et à proposer de nouveaux modèles. En effet, l’idée d’une installation des cathédrales sardes dans des secteurs extra muros dès l’Antiquité tardive ne trouve aucune justification et ce n’est probablement qu’au XIe-XIIe siècle que s’opèrent des transferts de siège.


La première mention d’une organisation épiscopale sarde remonte à 314. A cette date un évêque de Carales, l’actuelle Cagliari, assiste au concile d’Arles. Il est vraisemblable qu’il n’existe alors qu’un seul évêché dont le siège a été logiquement installé dans la ville la plus importante. Son autorité s’étendait peut-être également sur la Corse qui constituait alors avec la Sardaigne une seule et même entité administrative.


Il faut attendre la fin du Ve siècle pour avoir de nouvelles attestations. En 484 des évêques des deux îles ont participés au concile tenu à Carthage. Cependant, seuls les sièges des prélats sardes sont nommément cités. Il s’agit de ceux de Cagliari, Turris Libisonis (Porto Torres), Forum Traiani (Fordongianus), Sulcis et Senafer.


Deux complexes épiscopaux sardes ont fait l’objet de fouilles récentes. Le complexe de Cornus, considéré sans preuve déterminante comme le groupe cathédral du diocèse cité par les sources sous le nom de Senafer, est constitué de trois édifices de culte : une église liée à la liturgie ordinaire et sans sépultures, un baptistère et une basilique funéraire, à laquelle sont associées de nombreuses inhumations, notamment en sarcophage. Outre le problème fondamental d’identification, on manque aussi d’information sûre relative à la datation des constructions qui paraissent s’inscrire dans une fourchette englobant les Ve et VIe siècles.


Par ailleurs, une modeste basilique funéraire a été mise au jour dans les années 1980 à Porto Torres, au cœur d’une nécropole de l’Antiquité tardive et sous l’église San Gavino. Mais, si l’on a la certitude que cette dernière, construite au XIIe siècle, est bien une cathédrale, rien ne permet d’affirmer que le premier édifice de culte, attribué également au V-VIe siècle, assurait déjà cette fonction

Mots-clefs

Corse, Sardaigne, fouille, Archéologie, église, pouvoir, évêché, époque médiévale