UMR 7298 • UNIVERSITÉ D'AIX-MARSEILLE • CNRS
LABORATOIRE D'ARCHÉOLOGIE MÉDIÉVALE ET MODERNE EN MÉDITERRANÉE
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Perspectives de l’aire Arménie-Géorgie

Le LA3M a complété ses rangs, depuis une décennie environ, de spécialistes des cultures byzantine, musulmane et caucasienne, avec la volonté d'élargir ses horizons en direction de ces mondes complémentaires de son aire initiale. Depuis 2006 en particulier, le Laboratoire a défini un nouveau pôle de recherches correspondant à l’aire arméno-géorgienne, c’est-à-dire à l’extrémité nord-est du monde chrétien, englobant l’est de l’Asie Mineure et le flanc sud du Caucase, de l’Antiquité tardive à la fin du Moyen Age.


L’intérêt de cette aire réside d’abord dans la précocité, l’originalité et l’ampleur de ses patrimoines bâtis et artistiques, assez bien conservés. L’Arménie et la Géorgie ont bénéficié d’un riche héritage antique dans lequel les fonds iranien et gréco-romain ont laissé des traces profondes, en particulier la strate romaine-tardive ; dès le IVe s. elles ont fait le choix du christianisme et ont développé d’étroites relations tant avec les foyers chrétiens du Proche-Orient et avec Byzance puis l’Occident latin, qu’avec l’Orient perse, arabe puis turco-mongol. A partir de ces éléments hétérogènes, ces deux nations, suivant pour l’essentiel un parcours historique jalonné des mêmes étapes, unies jusqu’au VIIe s. dans une même opposition à l’orthodoxie chalcédonienne, ont très tôt élaboré ensemble des solutions originales ; cependant les spécificités des destinées et des caractères nationaux n’ont pas tardé à se traduire par des divergences notables aboutissant à des créations différentes. Un grand intérêt s’attache à l’étude parallèle des traits communs et divergents de ces deux cultures.


Parmi les orientations retenues, l’étude de l’architecture de l’Arménie et de l’Ibérie (Géorgie) à la période paléochrétienne et préarabe (IVe-VIIe siècle) est une priorité logique. Elle doit être considérée à travers les questions liées aux structures, dispositifs de construction, planimétrie, volumétrie, et aux décors sculptés figurés et ornementaux, et doit être placée dans le cadre général de l’est du bassin méditerranéen. Un monument majeur de la période paléochrétienne, la basilique d’Ereruyk, bâtie probablement au Ve-VIe s., et son environnement qui couvre aussi le Moyen Age et la période moderne, font depuis 2009 l’objet d’une mission du LA3M. Pour la période préarabe (VIIe siècle), l’attention se porte sur « l’âge d’or » des années 630-680 : durant cette soixantaine d’années, Arménie et Ibérie, alors à l’avant-garde du monde chrétien, produisirent un grand nombre de compositions à coupole, centrées, cruciformes ou rayonnantes et élaborèrent un langage esthétique propre.


Le second grand thème concerne l’architecture sacrée aux périodes post-seldjoukide et mongole (XIIIe-XIVe s.). L’étude des innovations dans les compositions, les structures et les couvrements, notamment des bâtiments conventuels et des chapelles funéraires, peut ouvrir des perspectives fécondes, de même que l’examen des originalités iconographiques de la décoration sculptée et de la diversification de ses répertoires ornementaux. Un intérêt spécial s’attache aux fruits nés des contacts avec l’Occident et avec le monde de l’islam.


Les stèles mémoriales et funéraires médiévales dites khatchkar (= pierre-croix) sont  un autre domaine prometteur. Bien qu’ils aient fait l’objet de récentes publications et qu’un projet de corpus soit en cours de réalisation, ces monuments propres à l’Arménie continuent à poser de nombreuses questions et méritent d’être soumis à des études approfondies, en particulier quant à leurs origines, l’évolution de leur iconographie, leur symbolique et sémantique.


L’objectif général de ces travaux d’archéologie et d’histoire de l’art et de l’architecture est une meilleure connaissance, non seulement de la culture de la région considérée et des sociétés qui l’ont créée, mais aussi des relations qui l’ont liée tant au monde byzantin et à l’Occident médiéval qu’à l’Orient musulman. C’est pourquoi chacune de ces orientations a autant sa place dans le domaine thématique directement concerné que dans l’axe transversal n° 4, " Orient-Occident "

Mots-clefs

Arménie, Géorgie, Archéologie médiévale, Histoire de l’architecture, Histoire de l’art, Orient-Occident