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LABORATOIRE D'ARCHÉOLOGIE MÉDIÉVALE ET MODERNE EN MÉDITERRANÉE
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Les métaux précieux en Méditerranée médiévale. Exploitations, transformations, circulations

Colloque international Co-organisé par :
Le Laboratoire d'Archéologie Médiévale et Moderne en Méditerranée (LA3M – UMR 7298, CNRS – Aix-Marseille Université)
et l’Université de Sienne

 

6 au 8 octobre 2016
 
MMSH Maison Méditerranéenne des Sciences de l’Homme, salle Georges Duby - 5, rue du Château de l’Horloge - Aix-en-Provence, France (13)

 

Les inscriptions sont gratuites mais obligatoires, avant le 20 septembre 2016. Un formulaire en ligne est disponible à l'adresse ci-dessous. Vous y trouverez également l'ensemble des informations pratiques.

http://metaux2016.sciencesconf.org/

 

Télécharger le Programme

 

Comité d’organisation :

Marie-Christine BAILLY-MAITRE
(Directrice de Recherche, AMU-CNRS, LA3M UMR 7298)
Giovanna BIANCHI (Professeur, Universita’ degli studi di Siena)
Nicolas MINVIELLE LAROUSSE (Doctorant, AMU-CNRS, LA3M UMR 7298)

 

Comité scientifique :

Marie-Christine BAILLY-MAITRE (Directrice de Recherche, AMU-CNRS, LA3M UMR 7298)
Sandrine BARON (Chargée de Recherche, CNRS, UMR 5608 TRACES / Université Toulouse Jean Jaurès)
Giovanna BIANCHI (Professeur, Universita’ degli studi di Siena)
Marc BOMPAIRE (Directeur de Recherche, CNRS, UMR 5060 IRAMAT / EPHE)
Patrice CRESSIER (Chargé de Recherche, CNRS, UMR 5648 CIHAM / Université Lumière Lyon II)
Nicolas MINVIELLE LAROUSSE (Doctorant allocataire, AMU-CNRS, LA3M UMR 7298)
Mohamed OUERFELLI (Maître de conférences, AMU-CNRS, LA3M UMR 7298)
Florian TEREYGEOL (Chargé de Recherche, CNRS, UMR 5060 IRAMAT / CEA)
Catherine VERNA (Professeur, Université de Paris 8 Vincennes-Saint-Denis)

 

 

 

 

Présentation

 

Argent d’un côté, or de l’autre ? La Méditerranée médiévale est un espace de production et de circulation pour les métaux précieux tissé entre trois mondes à la fois hostiles ou partenaires ; la chrétienté romaine à l’ouest, la chrétienté byzantine à l’est et l’Islam au sud. À l’origine de nombreux objets de la culture matérielle et des monnaies utilisées par les économies, les métaux précieux (or, argent, cuivre, plomb) emplissent les sociétés. Ils sont exploités, transformés, commercialisés, contrôlés et thésaurisés par des acteurs et des institutions très variés, du simple paysan aux empereurs.


Ce colloque propose d’ouvrir une large enquête sur ces produits qui offrent de nombreuses problématiques pour les sociétés méditerranéennes. Ces dernières années, les travaux des historiens et des archéologues ont en effet considérablement renouvelé les vastes synthèses passées en apportant des données supplémentaires et en développant de nouvelles méthodes. Pour autant, peu d’entre eux prennent en considération le circuit complet des métaux, de leur production à leurs usages dans une perspective historique large. Cette lacune est principalement causée par un cloisonnement disciplinaire et géographique encore trop marqué.

 

C’est pourquoi il a paru opportun de faire un point sur l’état de l’art, tant des méthodes que des connaissances, afin d’engager des analyses comparatives entre Occident et Orient sur le long Moyen Âge. La réunion de chercheurs d’horizons et de disciplines variés a ainsi pour objectif d’ouvrir une discussion qui permette de mieux comprendre le fonctionnement de ces systèmes productifs et de mieux mesurer l’ampleur de leur influence sur les économies et les sociétés médiévales.

 

À cette fin, le colloque sera structuré en 4 thèmes. Chacun d’entre eux sera interdisciplinaire et se fera sous la forme de présentations orales ou de posters. Une table ronde finale sera l’occasion de synthétiser les apports ; d’aborder des questions transversales, de proposer des axes et des problématiques futures et de mettre en oeuvre des réseaux de collaborations internationales.

 

Thèmes

 

Jeudi 6 octobre : après-midi

Thème 1. Les espaces miniers méditerranéens. Nouveaux acquis de la recherche

 

Cette session se propose d’examiner à la lumière des travaux les plus récents le fonctionnement et l’organisation des exploitations minières. À partir d’études de cas ou de synthèses régionales, elle sera d’une part l’occasion de réfléchir sur l’insertion des exploitations dans les économies, de caractériser ces entreprises situées entre artisanat et industrie. D’autre part, il s’agira de prendre en compte plus largement les environnements humains et naturels des exploitations en considérant les rapports à l’espace, aux contrôles et aux enjeux qu’elles suscitent dans de possibles constructions territoriales.

 

Vendredi 7 octobre : matin

Thème 2. Circulation des Hommes et des Savoirs. Les vecteurs de l’innovation


Produire et travailler les métaux précieux induit la mobilisation de savoirs et de techniques spécifiques, quels que soient le lieu et le contexte de mise en oeuvre. Les différentes unités de production (mines, minéralurgie, métallurgie primaire) et de transformation (métallurgie secondaire, ateliers monétaires, de bronziers, d’orfèvres) sont dans cette optique des « réservoirs perméables de connaissances ». Elles fonctionnent à la fois avec des expériences internes et des apports extérieurs. Y a-t-il des liens entre les procédés, les acteurs, les mots et les vocabulaires utilisés de part et d’autre de la Méditerranée ? Nous savons que des praticiens circulaient au sein des exploitations occidentales, est-ce également le cas sur des distances plus importantes ? Si des intermédiaires interviennent, qui sont-ils et comment adaptent-ils les techniques à un contexte différent ?

 

Vendredi 7 octobre : après-midi

 

Thème 3. Structures des échanges commerciaux. Fonctionnement et organisation

 

Multiformes, les métaux précieux en circulation peuvent être directement issus de la mine (minerai, plomb d’oeuvre, lingots...) comme provenir de réutilisations successives (produits semi-finis, objets divers, monnaies...). Tantôt favorisée, tantôt contrainte, la circulation des métaux précieux fait l’objet de réglementations liées aux grandes tendances économiques et diplomatiques. Se répercutent-elles sur les techniques commerciales ? Plus largement y a-t-il des méthodes spécifiques pour échanger les métaux précieux
(clauses particulières dans les commenda, contrats d’assurance, moyens de transport, protection...) ? Enfin, les lieux d’échanges rythment la circulation des produits. Il semble, au contraire des produits manufacturés, que les métaux précieux apparaissent peu sur les marchés et les foires classiques. Dès lors, quelles sont leurs modalités d’échange ? Sont-ils pris en charge par des acteurs spécifiques (changeurs, orfèvres, dinandiers...), existe-t-il des marchés parallèles, qu’en est-il des filières de contrebande ?

 

Samedi 8 octobre : matin

 

Thème 4. Traçage des métaux. Méthodes et résultats

 

Le traçage des métaux de la production à l’utilisation est difficile à envisager pour les périodes anciennes. Lacune des sources, complexité des marchés, diffusion sur de grandes distances ; nombreux sont les écueils qui entravent la restitution d’un circuit économique. Elle est pourtant indispensable si l’on veut lier pleinement les espaces productifs aux économies et aux sociétés. Quels sont les caractères et l’évolution du marché des métaux précieux dans le bassin méditerranéen ? Y a-t-il un échange entre l’argent occidental et l’or oriental comme le laissent entendre certaines études ou doit-on revoir ce schéma ? À partir de travaux récents, cette session abordera en premier lieu les principales sources et méthodes complémentaires utilisées pour répondre à cette problématique : dépouillements de textes de la pratique, diplomatiques ou réglementaires ; études typo-chronologiques des objets métalliques ; recours à l’archéométrie (analyses traces), par exemple. En second lieu, elle sera l’occasion de présenter les résultats de ces recherches, à des échelles variées.

 

Samedi 8 octobre : après-midi

 

Table ronde. Bilan et perspectives

 

Une table ronde finale sera l’occasion pour les participants et le public d’échanger sur des points abordés lors des communications, sur des thématiques transversales, ou encore de soulever des questions nouvelles en lien avec les métaux précieux. Trois problèmes déclinables sur l’ensemble du bassin méditerranéen pourraient former son ossature.

 

  • Primo ; la part du minerai qui alimentait directement le commerce est en question. On évoque le plus souvent un lien direct avec les ateliers monétaires pour l’argent, mais est-il le seul, voire est-il majoritaire ? Les prélèvements et partages successifs qui avaient lieu tout au long de la chaine opératoire suggèrent une diffusion plus complexe. Qu’en est-il des quantités de plomb et de cuivre extraites en même temps que l’argent ?
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  • Secundo ; il est encore délicat de nommer et de qualifier les exploitations. On utilise de plus en plus le terme d’entreprise, mais quelles en sont les définitions ? Alors que le Moyen Âge reste encore dans bien des travaux la période de l’artisanat, l’on commence à décrire une révolution industrieuse. Peut-on aller jusqu’à voir l’éclosion de « poches d’industrialisation » avec le cas des métaux précieux ?
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  • Tertio ; les transferts de métaux précieux entre les états méditerranéens semblent se structurer entre un export de métaux polymétalliques (argent, plomb, cuivre) d’Occident en Orient, et d’or d’Orient en Occident. Ce schéma construit par d’éminents médiévistes (M. Bloch, M. Lombard, R.-H. Bautier...) n’a pas été retravaillé depuis. Or, nous savons bien que d’importantes mines polymétalliques étaient en exploitation, en particulier dans l’espace maghrébin. Comment expliquer ce paradoxe ? Une réflexion actualisée mériterait d’être ouverte.