UMR 7298 • UNIVERSITÉ D'AIX-MARSEILLE • CNRS
LABORATOIRE D'ARCHÉOLOGIE MÉDIÉVALE ET MODERNE EN MÉDITERRANÉE
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Hommes et animaux au Maghreb de la Préhistoire au Moyen-Âge :
explorations d'une relation complexe

XIe Colloque international Histoire et Archéologie de l'Afrique du Nord

8 au 11 octobre 2014
MMSH, Aix-en-Provence, Musée d'Histoire et MuCEM, Marseille

 

Unités de recherche organisatrices

Laboratoire méditerranéen de préhistoire Europe Afrique (LAMPEA)
Centre Camille Jullian. Histoire et Archéologie de la Méditerranée et de l'Afrique du Nord (CCJ)
Institut de recherche sur l'architecture antique (IRAA)
Laboratoire d'archéologie médiévale et moderne en Méditerranée (LA3M)
Institut de recherches et d'études sur le monde arabe et musulman (IREMAM)
et la Société d'étude du Maghreb préhistorique, antique et médiéval (SEMPAM).

 

Comité scientifique

Aomar Akerazz (INSAP, Rabat)
Nabiha Aouadi-Abdeljaouad (Institut National du Patrimoine, Tunis -Musée National des arts islamiques de Raqqada)
Maxence Bailly (LAMPEA, Aix)
Barbara Barich (Università La Sapienza, Rome)
Azedine Beschaouch (de l'Institut)
Mounir Bouchenaki (ICCROM)
Youssef Bokbot (INSAP, Rabat)
François Déroche (de l'Institut, président de la SEMP AM)
Jehan Desanges (de l'Institut) Pierre Gros (de l'Institut)
Slimane Hachi (CNRPAH, Alger)
Mohamed Hassan (Université de Tunis)
David Mattingly (Université de Leicester)
Jorge Onrubia Pintado (Université de Madrid)

 

Comité d'organisation

Véronique B1anc-Bijon (CCJ)
Jean-Pierre Bracco (LAMPEA)
Marie-Brigitte Carre (CCJ)
Salem Chaker (IREMAM)
Xavier Lafon (IRAA)
Mohamed Ouerfelli (LA3M)

 

Secrétariat : Gracinda Das Neves (CCJ)
Gestion : Cristel Lanata (CCJ)
Aide au montage des dossiers : Nicolas Boichot (CCJ)
Illustration : Laurent Maggiori (LA3M)
avec l’aide de Sylvie Laurens-Aubry, responsable Communication de la MMSH

Musée d’Histoire de Marseille : Sophie Deshayes

MuCEM : Aude Fanlo, Cécile Herrmann, Frédéric Mougenot

 

Programme

 

A télécharger : programme

 

 

Présentation

 

Source de nourriture et matière première autant que porteur de symboles et de mythes, inspirant l'artiste et l'écrivain, l'animal tient une place essentielle dans les sociétés humaines. L'Afrique du Nord est un espace d'investigation très riche et encore peu exploité en ce domaine. On tentera donc d'y appréhender les relations complexes Animal/Homme. Le colloque s'articulera autour des rapports de l'homme avec l'animal, et vice-versa, de la Préhistoire au Moyen Âge.


Trois thématiques seront privilégiées :


A. L'animal utile : une ressource, des utilisations, des systèmes économiques


Les chasseurs-cueilleurs paléolithiques exploitèrent la faune sauvage avant de la domestiquer, et durent adapter les stratégies cynégétiques et les modalités techniques et économiques d'exploitation de la ressource animale en fonction des évolutions paléoclimatiques et paléoenvironnementales. Les analyses sur les stratégies d'acquisition et d'exploitation du gibier seront recherchées. En Afrique du Nord, la néolithisation semble plus liée à l'élevage qu'à l'agriculture, avec des incidences lourdes sur les modes de vie (nomadisme / semi-nomadisme), les croyances et la langue. Pasteurs et éleveurs marquèrent les terroirs et territoires exploités et durent appréhender la gestion des troupeaux.
L'animal nourricier : l'homme a cherché à développer diverses formes d'élevage pour assurer ses besoins vitaux en matière d'alimentation (viandes, poissons et produits issus de la pêche, produits laitiers, miel...), d'habillement (peaux, laines), d'éclairage aussi (la cire) ...
Une fois domestiquées, des espèces animales (cheval, millet, âne, chameau...) ont été employées comme moyens de transport, tant pour les personnes que pour les biens. Elles ont servi également comme moyen de traction, par exemple des installations hydrauliques, mais aussi pour les travaux des champs. Et l'on sait leur usage en temps de guerre : le rôle de l'éléphant dans la guerre entre Rome et Carthage ; l'importance de la cavalerie dans les stratégies militaires ; le cheval également comme monture rapide pour les déplacements et la transmission des informations : victoire, défaite, avènement d'un nouveau prince, etc.
Aux périodes antique et médiévale, les systèmes d'exploitation des ressources animales marquèrent durablement l'économie de l'Afrique du Nord. La prédominance de l'économie pastorale est inscrite dans l'identité de la région ; elle s'est notablement accentuée au Moyen Âge avec l'arrivée de tribus nomades arabes venues d'Égypte. D'où l'importance de l'élevage et de la faune domestique, mais aussi la nécessité de règlementer les pratiques pastorales dans certaines régions du Maghreb (transhumance et contrôle des déplacements dès l'antiquité, conflits sur les pâturages qui apparaissent dans les consultations juridiques à la fin du Moyen Âge). On regardera aussi avec intérêt les recherches nouvelles sur le paysage et sur l'organisation des territoires au vu des fermes et établissements reconnus.

 

B. L'animal nuisible

 

Les animaux sont par essence sauvages : comment l'homme s'en est-il accommodé ? Des forêts de la Tunisie à l'Atlas, des rivages méditerranéen et atlantique aux zones présahariennes, pullulaient diverses catégories d'animaux sauvages et fauves, auxquels appartiennent également les ours. Entre peur et volonté de les chasser, les populations rurales durent lutter pour se protéger de ces animaux, des sauterelles aux sangliers, qui s'attaquent aux cultures, ou des prédateurs, renards et rapaces, guettant les troupeaux. Mais on interrogera tout autant l'archéologie et les sources sur les animaux chtoniens, de la tortue aux reptiles, serpents et scorpions.

 

C. L'animal en représentation : symboles, iconographies, croyances

 

Les coquillages ont été utilisés pour les plus anciennes parures préhistoriques au monde et se rencontrent au Maroc dès -80 000 ans. L'animal desservit aussi les plaisirs des Romains, paraissant dans les jeux au titre même de trophée : leur possession marquait l'omnipotence impériale, ou celle du patronus qui prouvait sa puissance par des munera et des venationes où apparaissaient les animaux les plus variés. Ménageries et chasses princières : des animaux exotiques sont exportés à la cour de Frédéric II ou d'Alphonse le Sage. Comme animaux de prestige, le cheval et le faucon -qui a acquis le statut d'oiseau noble par excellence dans la mesure où il est non seulement le compagnon du prince, mais aussi capable de voler plus loin et plus haut-, font l'objet de cadeaux, notamment dans le cadre des échanges diplomatiques tout comme les girafes et autres éléphants.
On aura garde d'oublier l'importance, mieux connue, de la représentation animale dans l'art : gravures et peintures rupestres, sculptures, mosaïques et céramique... La richesse et la variété de l'iconographie animale dans les mondes punique et romain nord africains seront examinées au regard de l'apport des données archéozoologiques ou ichtyologiques, et de l'apport des textes.
L'implication des modes de vie sur la langue sera un élément prépondérant qui viendra compléter les analyses historiques et archéologiques. De la diffusion et de l'homogénéité du berbère, de l'exploration/exploitation des sources lexicographiques anciennes : de nombreux glossaires et documents remontant jusqu'au 12e siècle contiennent un riche vocabulaire animalier berbère. Une exploration systématique du vocabulaire portant sur la faune sauvage et domestique (analyse morpho-génétique et morpho-sémantique) pourra fournir des indices importants sur les processus de domestication, les échanges avec les civilisations historiques, les pratiques et conceptions relatives à l'élevage et aux animaux. Dans la littérature, l'animal oscille entre réalisme et merveilleux, trainant avec lui nombre de récits et de mythes. Il peut être fantastique, extraordinaire : sphynx, griffons, ketoi... Et l'on regardera, eu égard aux autres régions méditerranéennes, les fondements nord-africains de ces représentations.
Sans aller plus avant, on le voit l'animal est omniprésent aux côtés de l'Homme. Le colloque questionnera ces relations à la fois étroites et distanciées sur le terrain de l'Afrique du Nord, dans un paysage dont il faudra rappeler les conditions. On travaillera aussi bien sur les sources archéologiques que textuelles en ouvrant une large part à la linguistique et à la nomenclature.

 

Programme et organisation

 

La manifestation se déroulera du 8 au 11 octobre 2014. Elle sera accueillie au Musée d’Histoire de Marseille, au Musée des Civilisations de l’Europe et de la Méditerranée (MuCEM) à Marseille et à la Maison méditerranéenne des Sciences de l’Homme d’Aix-en-Provence.
Dans la ligne habituelle des colloques « Histoire et Archéologie de l’Afrique du Nord », en plus du thème principal a été ouverte une session consacrée aux nouvelles découvertes archéologiques et épigraphiques. Enfin, une session de posters sera proposée. Afin de laisser de la place aux discussions autour des communications et des posters, il est prévu pour chaque communication 20 minutes + 5 minutes de discussions réunies par sessions ; pour les posters, une présentation orale en salle, de 5 mn et un temps dans les discussions.
Les séances qui se tiendront au Musée de la Ville de Marseille et au MuCEM permettront de poursuivre les échanges lors de visites de ces nouveaux établissements culturels.

 

Partenaires

 

Ce colloque s'insère dans une série de rencontres internationales inaugurée à Perpignan en 1981 par la Commission française d'histoire et d'archéologie de l'Afrique du Nord, dite Commission « de l'Afrique du Nord », du Comité des Travaux historiques et scientifiques. Ces réunions de spécialistes venus des rives du bassin occidental de la Méditerranée furent accueillies par la suite à Grenoble, Montpellier, Strasbourg, Avignon, Pau et Nice. En janvier 2000, la Commission disparut après plus d'un siècle d'existence studieuse et utile à la communauté scientifique. Son rôle -fédération des recherches sur le Maghreb dans la longue durée, de la Préhistoire à l'époque médiévale- a été repris par l'Association pour l'encouragement des études sur l'Afrique du Nord préhistorique, antique et médiévale (ANPAM), devenue la Société d'étude du Maghreb préhistorique, antique et médiéval (SEMPAM), société régie par la loi de 1901 et bénéficiant du patronage de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres. La SEMPAM, qui compte environ 70 membres et regroupe des chercheurs d'une dizaine de pays (Algérie, Espagne, Italie, Libye, Maroc, Royaume-Uni, Tunisie et France...), organise annuellement deux à trois journées africaines, à Paris ou en province, et à un rythme de 3 ou 4 ans un colloque international qui prend la suite de ceux de la « Commission de l'Afrique du Nord » du CTHS, mais avec une dimension clairement internationale ; elle compte ainsi à son actif les colloques de Tabarka (Tunisie), Tripoli (Libye) et Caen.
Déjà accueilli à Nice en 1996, ce XIe colloque sera reçu pour la première fois à Marseille et Aix-en-Provence.