UMR 7298 • UNIVERSITÉ D'AIX-MARSEILLE • CNRS
LABORATOIRE D'ARCHÉOLOGIE MÉDIÉVALE ET MODERNE EN MÉDITERRANÉE
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Gabrielle Démians d’Archimbaud (1929-2017)

Aux fondements de l'archéologie Médiévale française

Comme nombre d'archéologues, Gabrielle Démians d'Archimbaud débute sa formation par des études d'Histoire, couronnées par son succès à l'agrégation d'Histoire-Géographie en 1957. Après un bref passage dans l'enseignement secondaire (au lycée Georges Clémenceau de Montpellier en 1957-1958; puis à Aix-en-Provence au lycée des Prêcheurs de 1958 à 1960), elle obtient une charge de cours à la Faculté des Lettres où elle remplace Fernand Benoit (1959-1960). Nommée Assistante en 1960, elle profite alors de la présence en ces lieux de George Duby, qui y enseigna de 1951 à 1970. Avec lui, au fil des années, Aix s'impose comme un des centres majeurs de la recherche historique médiévale. Duby dirige la collection U, aventure dans laquelle il entraîne ses disciples aixois dont Gabrielle Démians d'Archimbaud qui publie en 1968 « Histoire artistique de l'Occident médiéval ». Elle bénéficie aussi de l'appui d'autres personnalités de premier plan, tel Jean Hubert, historien de l'Art, spécialiste de l'architecture religieuse, (titulaire de la chaire d'Archéologie médiévale de l'Ecole des Chartes), et Michel de Boüard, historien universitaire/CNRS qui a joué un rôle précurseur pour l'institutionnalisation de la discipline.

 

Dès le départ, son choix personnel est dit-elle, « le plein air », le « terrain » soit l'archéologie, mais une archéologie « nouvelle » en devenir : l'archéologie médiévale. Face à ces maîtres que sont Georges Duby, Fernand Benoit, dans l'élan de sa jeunesse et de son engouement pour cette matière en formation, elle sait imposer ses objectifs.

 

Gabrielle Démians d'Archimbaud commence ses recherches à partir de 1961. Elle s'inspire des courants d'études développés dès les années 1950 en Europe de l'Est et dans les pays Anglo-Saxons. C'est en Angleterre et plus encore en Pologne qu'elle découvre les pratiques de l’archéologie médiévale.

 

En Angleterre, elle participe aux fouilles d'Upton (Gloucestershire), en juillet 1960. Puis, elle parcourt la Pologne qui est à cette période marquée par l'importance des grands chantiers urbains liés aux destructions de la guerre. En juillet et août 1961, elle s'initie ainsi aux techniques et méthodes archéologiques à l'invitation du Centre d'histoire de la culture matérielle de Varsovie. De plus, elle enrichit ses pratiques de fouilles au contact des préhistoriens, en particulier auprès de Henry de Lumley, alors chercheur au CNRS à Marseille, avec lequel elle collabore à l'étude de la grotte de l'Hortus (Hérault), réoccupée à l'époque paléochrétienne.

 

Ses travaux s'inscrivent aussi dans l'enquête engagée par la VIe section de l'Ecole Pratique des Hautes Etudes sur les villages désertés.

C'est d'ailleurs dans la revue Annales. Economies, sociétés, civilisations qu'elle publie son premier article : « L'archéologie du village médiéval : exemple anglais et expérience provençale ».
Ainsi, dès le début, par sa formation même, elle instaure un dialogue avec les historiens, qu’elle ne cessera de rechercher. Mais, pour Gabrielle Démians d'Archimbaud, l'affirmation de l'archéologie s'exprime surtout par la mise en place et la direction de chantiers d'envergure.

 

C'est cette conviction qui la guide et l'amène à choisir des sites emblématiques du Moyen-Âge, bien souvent occupés depuis l'Antiquité. De son activité de terrain, ressortent bien évidemment les fouilles exceptionnelles du village médiéval de Rougiers de 1961 à 1968, qui constitue le sujet d'un doctorat magistral, mais aussi de la chapelle de La Gayole (Var) en 1964-1972, de l'abbaye de Saint-Victor de Marseille en 1970-1978, de l'oppidum de Saint-Blaise en 1980-1984, puis de la cathédrale Notre-Dame-du-Bourg à Digne de 1983 à 2004.

 

À l'échelle nationale, la fouille du site de Rougiers s'est imposée comme un « modèle idéal » dont Jean Chapelot et Robert Fossier éclairent le caractère pionnier en 1980 : « Le village fouillé à Rougiers est, à plusieurs points de vue, d'un intérêt exceptionnel : d'abord parce que son étude, amorcée dès1961 par Gabrielle Démians d'Archimbaud [ ...] était, à cette date, la première entreprise moderne de fouille d'un village médiéval en France ; ensuite parce qu'encore actuellement ce site reste le plus gros effort archéologique français visant à explorer aussi exhaustivement que possible un site rural médiéval, par ailleurs d'une grande ampleur et d'une certaine complexité ; enfin parce que cet habitat, par la durée de son occupation, la richesse du matériel archéologique, la finesse et la qualité des observations faites lors de la fouille, le contexte régional enfin où il se situe, est d'une importance considérable ! ».

 

Dès le début des années 1960 ses résultats trouvent des échos sous la plume des historiens qui voient dans l'archéologie un renouvellement des sources et des questionnements de l'histoire médiévale : « L'archéologie après nous avoir restitué les vestiges les plus nobles, [ ... ] retrouve aujourd'hui les aspects [ ... ] que les savants polonais appellent la culture matérielle : archéologie de l'habitat, des techniques rurales et artisanales, de l'alimentation [ ... ]. Les chartes ont cessé d'exprimer toute la réalité médiévale. Ainsi, un nouveau Moyen-Âge est en train de naître, de renaître ». À côté de ce travail primordial qu'est le chantier de Rougiers, d'autres opérations d'importance retiennent parallèlement son attention. Les cadres ecclésiaux sont ainsi abordés tout autant par la vaste abbaye de Saint-Victor de Marseille où elle conduit des investigations qui ont renouvelé profondément les données archéologiques qu'à travers la petite église rurale de La Gayole (La Celle, Var) où elle aborde la question des origines de la christianisation des campagnes. Elle entreprend d'autres enquêtes sur les mutations des formes d'habitat à la transition entre l'Antiquité tardive et le haut Moyen-Âge, qu'illustre le cas de l'oppidum de Saint-Blaise (Saint-Mitre-les-Remparts). Puis son activité de terrain se focalise sur le programme de Notre-Dame-du-Bourg à Digne lequel offre le dossier le plus riche et le plus complet, parmi les études de cathédrales qui se sont multipliées ces dernières décennies en Provence.

 

Cette activité de terrain, est sous-tendue par les lignes de force des enquêtes qui sont au centre de questionnements des années 1960-1970 et au premier chef la question de « la culture matérielle ». De fait, le cas de Rougiers et la multiplicité du matériel archéologique qui en provient, orientent tout naturellement Gabrielle Démians d'Archimbaud et l'équipe d'étudiants qu'elle a réunie auprès d'elle vers une archéologie de la « culture matérielle » : « Un thème apparemment simple mais en fait l'un des plus difficiles à saisir qui soit, le vécu quotidien saisi dans sa réalité concrète » écrit-elle en 1982. Ainsi « Les fouilles [ ...] de Rougiers ont fourni quantités d'informations directes ou indirectes non seulement sur l'évolution de ce village - en fonction des données politiques, démographiques et économiques - mais aussi sur les moyens de production et de subsistance, sur le travail même de l'homme en milieu rural. Elle précise sa pensée en 1987 : ces fouilles « ont apporté des témoignages multiples sur les gestes quotidiens - de la toilette à l'alimentation, de la chasse aux jeux, des fêtes aux actes de piété individuels - et ont été d'un apport irremplaçable par la documentation découverte (de l'outil agraire le plus simple au matériel artisanal plus complexe, de l'objet de pierre ou d'os presque archaïque dans sa conception au matériau le plus élaboré comme le verre ou la céramique ».

 

Par ailleurs, il faut souligner l'attention accordée par Gabrielle Démians d'Archimbaud à la définition d'un protocole méthodologique. La qualité des techniques de fouilles stratigraphiques et de l'enregistrement des données sur les chantiers qu'elle a dirigés est reconnue à l'échelle nationale et figurent avec leurs commentaires dans le manuel d'archéologie de Michel de Boüard.

 

Attachée aux pratiques de terrain rigoureuses, Gabrielle Démians d'Archimbaud inaugure également une archéologie de laboratoire interdisciplinaire et innovante. Très tôt, elle établit des relations durables avec les représentants des sciences dites dures. Par exemple avec l'abbé Boyer et son équipe du laboratoire d'archéo-anthropologie de Draguignan qui assuma l'analyse de plusieurs sépultures privilégiées et remarquables découvertes à Saint-Victor de Marseille. Dans son approche de la céramique locale ou importée de Méditerranée, elle engage des collaborations étroites avec Maurice Picon, directeur du Laboratoire de Céramologie de Lyon, pour l'étude archéométrique des pâtes, leur caractérisation et la recherche de provenance.

 

Parmi les préoccupations qui s'imposent à elle dès l'origine de ses recherches, les datations constituent une préoccupation majeure. En 1975, elle l'exprimait en ces termes, à partir du cas de Rougiers : « Parmi les diverses questions qui se posaient, l'une des plus importantes et des plus difficiles à résoudre, fut-ce de manière large et nécessairement prudente, concernait l'interprétation chronologique des découvertes faites en fouille – chronologie relative et absolue étant, ici comme en toute autre période, à la base de l'interprétation historique exacte du site et du matériel qui s'y trouvait. L'étude était cependant particulièrement ardue dans cette région méditerranéenne où les critères de datation fondamentaux, céramiques en particulier, restent encore, sinon fort mal connus, du moins datés de manière souvent approximative [ ... ]. De telles conditions obligeant à dater d'abord le matériel qui aurait dû servir de fossile directeur à l'interprétation de la fouille, enfermaient en apparence dans un cercle vicieux qu'il était cependant indispensable de dominer ». Il fallait affiner les approches chronologiques et passer « d'une datation subjective à une datation objective ». Par la suite, en particulier dans le cadre des fouilles des sépultures de la cathédrale de Digne, cette recherche constante d'une chronologie la plus précise possible l'a conduite à collaborer à plusieurs publications sur l'usage du radiocarbone pour les périodes historiques.

 

Bien au-delà des problématiques intrinsèques à l'histoire et à l'histoire de l'art revisitées, Gabrielle Démians d'Archimbaud confrontée à des corpus matériels diversifiés et substantiels a cherché et obtenu des réponses significatives en ouvrant de nouveaux champs de recherche appliqués à des catégories méconnues et délaissées rejetées peu ou prou dans les différentes classifications des arts dits mineurs et/ou décoratifs.

 

Les programmes de recherche sur la céramique, le verre, le métal et au-delà sur l'histoire des techniques et des sociétés artisanales, font appel à toutes les approches historiques et archéologiques traditionnelles, sources écrites et iconographie en premier lieu, mais aussi aux enquêtes ethnologiques et ethno-archéologiques conduites depuis plus de quarante ans maintenant dans une bonne partie du Bassin Méditerranéen. Les études de matériels, fondatrices de ces approches nouvelles, sont par ailleurs menées selon un protocole fondé sur la prise en compte des grandes séries et de la longue durée. Le corollaire de cette capitalisation des données est l'extension des recherches à la période moderne, voire contemporaine au titre primordial de la part de l'héritage, tant en Provence qu'en Languedoc, auquel Gabrielle Démians d'Archimbaud est toujours restée très attachée.

 

Le combat corollaire de cette activité scientifique soutenue visait à consacrer l’existence et l’autonomie de l'archéologie médiévale en Provence, au sein de l'université et des établissements publics de recherche, et, au-delà encore au niveau national et international.

L'enseignement, enrichi de sa recherche, est présent dès les origines de son activité. Elle est assistante à partir de 1960 à l'Université de Provence où s'est déroulée toute sa carrière jusqu'à son départ à la retraite en 1994. La reconnaissance de l'archéologie médiévale au sein de l'UP se traduit par la création en 1966 de la sous-section d'archéologie et histoire de l'art du Moyen-Âge. Dès 1968, cet enseignement se renforce avec l'arrivée de deux assistants, Yves Esquieu et Michel Fixot. En 1970 est créé un diplôme d'Etudes archéologiques commun à l'archéologie préhistorique et classique, puis, en 1975, un DEA Archéologie et Civilisation du Moyen-Âge.

 

Parallèlement, en 1967, elle obtient la création du Laboratoire d'Archéologie Médiévale d'Aix, hébergé dès lors par l'Université. Ce deuxième grand centre d'Archéologie médiévale après celui de Caen, devient par la suite le Laboratoire d'Archéologie Médiévale Méditerranéenne (LAMM) intégré au CNRS sous la forme d'Unité associée en 1970 ERA 359, puis à partir de 1976 laboratoire propre U.R.A 6 du Centre de Recherches Archéologiques. Il est aujourd'hui une UMR, le LA3M: Laboratoire d'Archéologie Médiévale et Moderne en Méditerranée. Gabrielle Démians d'Archimbaud le dirige de1969 à 1987. Dans les années 1970-1980, le bilan des activités de recherches du LAMM, publié sous sa direction, montre l'importance et la variété des axes de recherche. Les chapitres évoquent l'archéologie du peuplement et de l'habitat, l'archéologie religieuse et funéraire, l'archéologie du travail et de l'artisanat, reliée aux échanges.

Dans ces mêmes années, l'archéologie médiévale acquiert au plan national une véritable reconnaissance. En témoignent la publication du manuel de Michel de Boüard en 1975 et la création de la revue Archéologie médiévale, dont le premier numéro paraît en 1971.

En lien avec les axes de recherche diversifiés qui se multiplient, elle dirige de nombreuses mémoires, maîtrises, DEA, et surtout des thèses de référence, au total 31 furent soutenues sous sa direction.

 

Dans ce rôle fondateur qu'elle assuma, il convient de souligner sa volonté de fédérer les recherches d'archéologie médiévale en France par le biais de la direction du GRECO (Groupement de Recherches Cordonnées) d'Archéologie médiévale, devenu le GDR 94 du CNRS, «Société et cadre de vie au Moyen-Âge: approches archéologiques » qu'elle a créé et dirigé.

Ce groupement de recherche a réuni pendant plusieurs années de nombreux chercheurs autour de grandes thématiques et a abouti à plusieurs publications collectives.

Par ailleurs elle a assumé un rôle déterminant dans l'organisation des études céramologiques au sein de l'espace méditerranéen. Cette thématique s'est imposée dès les fouilles de Rougiers qui livrèrent 92 000 tessons. Très tôt, elle a noué de nombreux contacts avec des chercheurs institutionnels ou privés et établi des liens personnels avec des conservateurs de musées en Italie, Espagne et en Afrique du Nord, sur la double problématique des sources d'influences et des échanges matériels et immatériels.

 

Suite au premier Colloque international sur la céramique médiévale en Méditerranée occidentale à Valbonne en 1978, qu'elle organisa en codirection avec Maurice Picon, et après trois congrès tenus à Tolède, Sienne, Lisbonne, en 1990, est crée à son initiative, le Comité international de direction des Congrès. Gabrielle Démians d'Archimbaud a assumé jusqu'en 2006 la présidence de cette association internationale pour l'étude de la céramique médiévale en Méditerranée, (AIECM2), officialisée à partir de 1992. Ces congrès internationaux réunissent et fédèrent la plupart des chercheurs en archéologie, histoire et céramologie travaillant sur tout le pourtour de la Méditerranée occidentale dans un premier temps, en France, Italie, Espagne, Portugal, Tunisie, Maroc, Algérie. Par la suite, c’est à son initiative, avec le Congrès de Thessalonique en 1999, que l'ouverture à la Méditerranée orientale et à de nouveaux pays émergents s'est imposée, englobant la Grèce, la Turquie, la Bulgarie, la Croatie, Chypre, et le Proche-Orient jusqu'à l'Asie centrale. (Egypte, Syrie, Jordanie, Liban, Israël, Ukraine, Iran, Ouzbékistan). Ces rencontres régulières, qui s'échelonnent tous les trois ou quatre ans, depuis 1978, permettent de mettre en évidence des échanges culturels, des transferts de technologie ainsi que la permanence de commerce de la céramique depuis la fin de l'Antiquité tardive jusqu'à l'époque moderne. L'apport de l'archéométrie (analyses géochimiques et pétrographiques des argiles et des glaçures), contribue à confirmer les origines des ateliers de céramiques et de leur diffusion à grande échelle. Toutes ces manifestations ont été assorties d'expositions organisées par le pays accueillant.

 

Dès 1983 elle est à l'origine de l’association CATHMA (Céramiques de l'Antiquité Tardive et du Haut Moyen-Âge), association qui prend ses origines dans les découvertes issues des fouilles de Saint-Victor et de Saint-Blaise (Saint-Mitre- les-Remparts) et dans la volonté de faire progresser les connaissances sur les céramiques de l'Antiquité tardive et du Haut Moyen-Âge entre les IVe-VIIIe siècles que ce soit dans les chronologies, leurs typologies mais aussi dans leurs lieux de production et leur circulation.

 

Très tôt Gabrielle Démians d’Archimbaud fut animée du souci de rendre au public les résultats des actions que la communauté des archéologues mène en son nom. La volonté de diffuser auprès du grand public et de la communauté scientifique les résultats des connaissances acquises, s'est affirmée dès les années 1970, d'abord dans le cadre régional avec la mise en valeur du site de Rougiers au travers d'un parcours de visite, puis de l'aménagement du musée de la commune et plus récemment, avec la création de la crypte archéologique de Digne.

 

Pour Gabrielle Démians d'Archimbaud, cependant, ce sont les expositions qui constituent le plus efficace et le plus nécessaire des moyens de rendre intelligible et sensible au plus grand nombre l'investissement de la recherche publique.

 

Parmi les premières et les plus significatives de ces manifestations, «Art roman de Provence » et surtout «Aujourd'hui le Moyen-Âge: archéologie et vie quotidienne en France méridionale», présentée à l'Abbaye de Sénanque (juin-septembre 1981) puis itinérante de 1981 à 1983 ont inauguré une politique constante de valorisation de la recherche.

 

Dans le cadre des recherches céramologiques et à l'occasion du VIe congrès de l'AIECM2 tenu à Aix-en-Provence, elle a assuré en 1995 le commissariat scientifique de trois importantes expositions internationales et itinérantes: «Le Vert et le Brun, de Kairouan à Avignon, céramiques du Xe au XVe siècle, Marseille La Vieille Charité » qui réalise la synthèse sur l'apparition des faïences en Méditerranée; «Petits Carrés d'Histoire, pavements et revêtements muraux dans le midi méditerranéen du Moyen-Âge à l'époque moderne » , Avignon, Palais des papes, qui révèle toute la richesse sur une mode de revêtement en faïence et terre vernissée jusqu'alors peu connue pour la période médiévale et « Terres de Durance, céramiques de l'Antiquité aux temps modernes », Musée de Digne, qui met en lumière une zone de production importante depuis le Moyen-Âge, nouvellement documentée par les fouilles et le croisement avec les sources écrites et iconographiques.

 

Ainsi, dans ces décennies essentielles pour l'affirmation de l'archéologie médiévale et moderne à l'échelle nationale et internationale, Gabrielle Démians d'Archimbaud a joué un rôle primordial en fondant une véritable «école» d'archéologie médiévale dans l'espace provençal et languedocien.

 

Elle a contribué à élever l'archéologie médiévale au rang de discipline autonome au sein de l'Université et du CNRS. Elle en a été récompensée par le titre de Chevalier dans l'Ordre des Arts et Lettres en janvier 1989 et par le Grand Prix National d'Archéologie en décembre 1989, puis sa nomination comme membre du Conseil Supérieur de la Recherche Archéologique en 1990. Sa participation active au Comité national, aux commissions du CNRS et au recrutement des nouveaux chercheurs, témoignent notamment de son engagement permanent pour le renouvellement de la discipline.

 

Cette grande scientifique fut une grande dame et ses proches, ses amis, ses collègues, ses disciples, garderont le souvenir d’un esprit ouvert, d’une extrême gentillesse, d’une grande simplicité et d’une femme de foi pétrie du plus noble des doutes.

 

(Texte d’après l’introduction au Congrès : « La Provence terres de cathédrales », 57ème Congrès de la Fédération Historique de Provence, Marseille, 18-19 octobre 2013.)

 

Bibliographie de Gabriel Démians d'Archimbaud